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DIAPORAMA

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Récit et photos de voyage:
Les Gorges de Tekenberet

Dimanche 14 février

Transsaharienne de Tamanrasset à Arak, Arrivée dans le Tassili de Tesnou

Nous atterrissons vers 3h du matin, dur, dur. La température à Tamanrasset est de 16°. Après avoir attendu dehors, nous remplissons un document administratif puis une déclaration de douane. Ensuite, nous avons droit à la prise de température par infra rouge pour voir si l’on n’a pas de fièvre pouvant être le signe de la grippe AH1N1. Tout va bien pour nous, fort heureusement car être consigné sanitaire à Tamanrasset, ce n’est pas ce dont nous avions rêvé. Notre guide «Rabit» et 3 véhicules 4X4 nous attendent pour nous déposer à l’hôtel pour 3 petites heures…

Le lendemain, après un passage dans une échoppe de Tamanrasset pour acheter des chèches, nous partons pour environ 450kms en direction d’In Salah en empruntant la Transsaharienne. Nous contournons le massif montagneux du Hoggar. Le paysage est grandiose et varié, des pitons rocheux alternent avec des parties plus sablonneuses, voire dunaires, puis des falaises. Le long de la route un fossé est creusé : il permettra d’acheminer l’eau de Tamanrasset à In Salah distantes de 700kms, quels travaux titanesques. Nous parcourons environ 300kms et ne traversons qu’un seul village In Amguen. Vers midi, à l’ombre d’un bel acacia, nous nous arrêtons pour manger. Mouloud, notre cuisinier, nous a préparé une belle salade de crudités et l’un des chauffeurs le feu pour le thé. Ce midi, à cause du vent nous n’en aurons qu’un seul, alors que la tradition veut qu’il y en ait 3. Nous repartons vers 14h et rapidement nous arrivons à la ville d’Arak où nous faisons le plein et accueillons un jeune, Abderrhamane, qui aidera et guidera les chameaux pendant la semaine.

Après une dernière heure de route, le paysage devient dunaire : nous rentrons dans le tassili de Tesnou. Nous traversons d’immenses oueds qui sont réputés dangereux en période de fortes pluies. Après 1/2h de piste, nous arrivons au campement d’Ain Elghrab. Les selles de chameaux et leur chargement sont épars dans une grande place sablonneuse. Quant aux chameaux ils sont partis dans l’oued pour grappiller des feuilles d’acacia et autres graminées qu’ils affectionnent tout particulièrement. Le paysage est très beau, roche et sable se mélangent de façon harmonieuse, un vrai décor de savane. En face de nous, le canyon qui nous attend pour demain. Gabriel appelle cet endroit «le camping des dunes» et Rabit l’ «hôtel des mille étoiles». Nous profitons des belles lumières de la fin d’après midi pour immortaliser ces lieux. Puis vient l’heure du goûter, thé et petits gâteaux seront autant appréciés par les petits que par les grands. Ensuite, c’est le montage des tentes, ce n’est pas la place qui manque dans le camping! Si le vent tombe, il y aura des adeptes pour dormir à la belle étoile. C’est bien fatigués que nous attendons le repas. Une bonne soupe de blé vert grillé puis, lentilles aux pommes de terre, enfin des dattes. Après le rituel des trois thés : le 1er amer comme la vie, le 2nd fort comme la mort, le 3e doux comme l’amour, nous irons dormir à la belle étoile. Le ciel est magnifiquement étoilé mais nous sommes tellement fatigués que les yeux se fermeront trop vite.


Lundi 15 février

5 à 6h de randonnée vers les hauteurs du Tassili : canyons sculptés par les eaux, belles peintures rupestres

C’est après une bonne nuit réparatrice que chacun émerge de son duvet vers 7h. C’est la lueur du feu et son odeur qui me font ouvrir l’œil. Le thé est déjà sur la braise dans la théière. Chacun s’active à ranger les sacs, plier les toiles, profiter de la relative fraîcheur du matin avant d’aller se restaurer. Un petit jus de fruit, du thé, du café, des corns flakes, du pain, de la margarine, des confitures et de la vache qui rit nous attendent. Il faut prendre des forces pour la journée. Nous attendons que les chameaux soient regroupés. Ils sont au nombre de 12 et sont guidés par 2 chameliers, Bogha et Raiya accompagnés d’Abderrhamane. Et oui, les 4X4 sont partis et ce sont les chameaux qui transporteront tout le matériel pour la semaine. Notre petite colonne s’élance en contournant le canyon vers la gauche puis grimpe par différentes terrasses. Très vite, nous dominons notre campement où les chameaux attendent sagement en rond leur chargement. Nous avons presque l’impression d’être dans la savane africaine, il ne manque plus que les grands animaux tels les lions ou les girafes…nous nous contenterons de nos chameaux.

Gabi se met juste derrière le guide, il n’a aucun mal à monter ces petits escaliers naturels, le terrain est plutôt ludique. Sylvie et Claude ferment la marche, cela monte et il fait déjà chaud. Après avoir monter en zig-zag sur les différentes terrasses, nous arrivons sur une partie plus plane où nous apercevons une roche bien plate formant le toit d’une grotte. J’arrive avec Claude et Marion. Claude pose le pied sur des petites pierres qui roulent et c’est la chute au bord de la falaise. Il se relève, très choqué : il s’est blessé à l’intérieur de la main et bien éraflé le bras, mais il y a plus de peur que de mal. Chacun sort sa petite pharmacie pour panser la plaie sur la main. Nous allons tous admirer les peintures qui représentent des vaches et des hommes avec des arcs faisant penser à des scènes de chasse. On poursuit notre progression dans le canyon et arrivons sur une guelta asséchée (grand trou creusé par l’eau qui descend du plateau) avant de s’élever encore un peu pour arriver sur un plateau qui s’étend à perte de vue. Nous continuons sur ce plateau où nous pouvons admirer les roches de grés rose. Le terrain est plat et beaucoup plus facile, après une bonne heure de marche, nous faisons une 2nde pause à l’ombre des rochers. Au loin, nous apercevons le lieu de notre pique-nique. La caravane y arrive par la vallée, le terrain que nous prenons étant beaucoup trop accidenté pour les chameaux.

Vers 12h15, c’est la pause. Il fait chaud mais le vent se monte franchement, le sable rentre partout, dans les assiettes et les gobelets. Cela va croquer sous la dent. Rabit nous sort 2 bouteilles de coca en guise d’apéro. Cela fait du bien même si ce n’est pas super frais. Ensuite, Mouloud nous a préparé une grosse salade de pâtes, personne ne se fait prier pour la manger, y compris Gabi et Bérengère qui n’ont pourtant pas un appétit féroce. C’est vers 14h30, après le thé et la sieste que nous reprenons notre marche. La 1ère heure est plutôt monotone le long d’un petit sentier dans les caillasses et en plus, il fait chaud. Ensuite, nous arrivons sur un terrain alternant sable rose et roches aux formes variées, laissant libre cours à l’imagination. Malheureusement, le vent s’est de nouveau monté et il nous faut très vite ranger les appareils photos car le sable, véritable poussière, virevolte partout. Le ciel se voile très vite, lié au sable en suspension, c’est dommage car le paysage est superbe. Nous arrivons sur 2 sites de peintures rupestres qui se font face, 2 grandes roches plates qui protègent les peintures des intempéries. Ce sont des animaux et des mains d’un côté et de nombreux personnages avec des arcs, finement peints, de l’autre côté. Notre caravane passe en contrebas.

Après avoir été poussés par le vent, nous terminons avec le vent de face. Nous apercevons le campement avec les chameaux en contrebas de la dune. Ivan et Sophie se mettent à courir, Gabi emboîte le pas et je fais de même. Nous sommes applaudis par les chameliers et le cuisinier qui viennent d’arriver. Mouloud installe «sa cuisine» puis épluche les légumes pour la soupe tandis qu’Abderrhamane prépare son feu pour le thé qu’ils boivent à longueur de journée. Le vent souffle de plus bel puis se calme par moment et nous pensons qu’il va s’arrêter mais il n’en n’est rien. C’est très pénible et très fatigant. Nous attendons un peu pour monter les tentes et nous nous mettons à plusieurs pour éviter qu’elles ne s’envolent Ce soir, il n’est pas question de dormir à la belle étoile car nous serions ensevelis par le sable. Tandis que les uns feront leur compte-rendu de la journée ou que les autres essaieront de se reposer à l’abri du vent, les plus jeunes sortiront le jeu de cartes en attendant le repas. Après être repus et épuisés par le vent, chacun rentre dans sa tente en essayant de trouver le sommeil. Ce n’est pas facile car le vent souffle très fort et il fait très chaud, les tentes résisteront-elles?


Mardi 16 février

5 à 6h de randonnée: Plateau tassilien de Tekenberet, grande guelta, canyon de Tekenberet

Après une nuit très agitée, le vent a continué de souffler en rafale jusque sur le matin, quelques gouttes d’eau ont même affolé ceux qui avaient leur sac à l’extérieur, tout le monde est sorti de la tente bien fatigué à part Gabi, le seul à avoir bien dormi. Le ciel est couvert et le vent souffle toujours mais moins fort. Après le p’tit déj., le ciel se dégage lentement et le soleil pointe le bout de son nez. Après avoir longé l’oued, le paysage alterne entre sable et roche, c’est beau. Nous profitons de l’ombre d’un canyon pour faire une bonne pause pour laisser passer la caravane. Nous continuons ensuite dans un décor de pierre un peu plus monotone et en plus, il commence à faire bien chaud. Nous sommes sur un énorme plateau de roches noires, puis nous surplombons l’oued qui rejoint la ville d’Arak. Nous faisons une pause reconstituante au bord de la falaise avant de se frayer un passage dans le chaos rocheux. Ce n’est pas très engageant au départ surtout pour ceux qui n’ont pas le pied montagnard car il y a un peu de pente. Patrick attend et se met devant les moins braves pour les rassurer : Claude n’a pas oublié sa chute du premier jour.

Arrivés dans l’oued, la végétation luxuriante contraste avec le minéral du plateau : un magnifique mimosa entouré de nombreux palmiers. Surprenant dans le désert…en fait, il y a un puits permanent pour le plus grand bonheur de la nature et des animaux. Les chameliers remontent l’eau du puits à l’aide d’une grande bassine, prise d’assaut par 4, 5 chameaux qui y plongent la tête. Quand elle est vide, ils attendent sagement et recommencent de nombreuses fois. Ils peuvent boire une centaine de litres d’un coup. Ils n’ont pas bu depuis 4 ou 5 jours et boiront à nouveau dans 4 jours. Ils peuvent rester sans boire pendant une quinzaine de jours au maximum car ils trouvent un peu d’humidité dans les feuilles d’acacia et les différentes plantes qu’ils mangent. Après avoir observer cette scène, nous rejoignons notre «salle à manger» dans le sable à l’ombre d’un très bel acacia. L’aire de pique nique est digne d’un 3 ou 4 étoiles et la salade préparée par Mouloud également. Ensuite, les adeptes du thé attendent patiemment les 3 thés d’Abderrhamane puis c’est, sieste pour les uns, parties de cartes pour la jeunesse et séance photo pour les autres. Ce n’est que vers 15h20 que nous redécollons, c’est dur de sortir du sommeil pour certains, on ne dénoncera pas les ronfleurs!

Nous continuons une bonne heure dans l’oued entouré de belles falaises aux roches instables. Rabit se dirige à gauche vers une roche en forme de grotte, il doit y avoir des peintures rupestres. Nous découvrons, en effet, un nouveau site avec une belle vache et des petits personnages. La caravane nous rejoint. Après quelques minutes de palabre, il propose à 2 personnes de monter, Nicole se porte volontaire ainsi que Gabi. Une fois les chaussures enlevées pour mieux positionner ses pieds sur le cou du chameau, les chameliers les font «baraquer» et voilà Nicole et Gabi qui se hissent sur la selle avant que les chameaux ne se cambrent pour remonter. Après ce moment un peu scabreux, il suffit d’épouser le mouvement de l’animal et de se laisser porter. Nous voyons au loin notre objectif final : l’erg Tahoulaouane.

Auteur : Patrick Willemain