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Récit et photos de voyage aux Seychelles:
L'île de la Digue

Mercredi 20 mai

L'île de la Digue, plongée autour de l'île de Félicité

Après quelques photos de lever de soleil sur le pont, nous voilà partis au port de la Passe sur l’île de La Digue pour remplir les réserves d’eau douce du bateau. Ensuite, nous faisons route vers l’île de Félicité qu’il faudra nous contenter d’observer du bateau, car elle est privée. Elle jouit de plages de rêve, d’une abondante végétation composée de cocotiers et de takamakas et de collines escarpées dominées par le mont Félicité qui culmine à 231m.

Elle fût Seychelles La Digue terre d’exil pour un sultan malaisien qui avait assassiné le consul britannique de son pays. Douce condamnation… Nous voilà déjà dans l’eau avec palmes, masque et tuba. Peut-être verrons-nous une tortue? Je m’aventure vers la plage; grand mal m’en a pris, car je frôle les coraux d’un peu trop près et ils me laisseront de belles éraflures. J’évite de peu un superbe oursin diadème aux pics acérés. Philippe et moi apercevons un beau barracuda d’environ 1,50m, de nouveau une raie, un poisson-coffre et de très beaux massifs coralliens composés de turbinaires jaunes tels de gros chou-fleur, du corail digiforme ainsi que du corail aiguille. J’ai même la chance de voir une étoile à maille rouge. Que du bonheur!!! De retour sur le bateau, nous mangeons puis, en un saut de puce, nous arrivons sur l’île Cocos. Le nom régale déjà l’imaginaire. De gros rochers au milieu desquels surgissent des cocotiers…ajoutez à cela une poignée de sable fin, des eaux cristallines, des rochers sculptés par l’érosion.et nous voilà en plein tournage du monde de Némo.

Seychelles La Digue

La magie se prolonge sous l’eau, avec une faune abondante, dans quelques mètres d’eau. Snorkeling et baignade impératifs! Mervin nous dit qu’il y a souvent un gros «Napoléon», poisson à dominante verte au bord des rochers. Eh oui, il nous attend. Il est impressionnant par sa taille, 1m à 1m50 de long. Puis, nous luttons contre le courant pour ne pas nous faire malmener contre les rochers. Un baliste titan, un papillon à chevrons, un papillon côtelé indien, un labre cigare annelé, un écureuil diadème, et juste avant d’atteindre la plage, un ballet d’une dizaine de raies aigle tout en grâce et volupté… Arrivés sur la plage, chacun raconte ses rencontres sous-marines. C’est magique, c’est vraiment troooop beau! il faut penser à revenir au bateau même si c’est très difficile pour certains d’abandonner ce monde de Némo, ils se reconnaîtront, n’est-ce pas!!! Ce soir, nous allons mouiller au port de La Passe à La Digue. Nous allons faire un petit tour de «ville» et Claudiu qui a mal aux oreilles depuis 2 jours en profite pour faire une halte au dispensaire. Grand bien lui en a pris, car ce n’était pas une otite du tout, mais, il voulait passer des coraux en douce à la douane et les avait cachés dans l’oreille…trèfle de plaisanterie, le médecin a bel et bien sorti des morceaux de coraux de son oreille. Quelques jours sous antibiotique et sans baignade et cela devrait suffire. Ce soir, nous profiterons de la fête chez nos voisins de Bacchus qui arrosent l’anniversaire d’un des leurs…


Jeudi 21 mai

L'île de la Digue: port de la Passe, Anse Source d’Argent, Anse Pierrot, Anse aux Cèdres, Anse Marron

Nous avons quartier libre aujourd’hui pour visiter l’île de 6km par 3 qui, de par son relief, se prête bien au vélo. Un peu d’histoire avant de sillonner l’île : les premiers habitants de la Digue sont réunionnais. En 1798, des colons exilés de l’île Bourbon, ancien nom de l’île de la Réunion, accompagnés de quelques esclaves, débarquent sur l’île. Suite à une rébellion contre le gouverneur sur leur île d’origine, ils avaient été condamnés à la déportation en Inde. Lors d’une escale aux Seychelles, certains d’entre eux réussirent à s’échapper et trouvèrent refuge à La Digue…

Seychelles La Digue

Dans le petit port de La Passe, ne flottent guère plus de 10 embarcations les jours de grande affluence. Par contre, ce sont des centaines de vélos qui attendent d’être enfourchés par les touristes. L’état de ces vélos laisse à désirer, heureusement que le profil de l’île est relativement plat. Nous voilà donc partis sur nos vélos tandis que Philippe et Marie-Françoise enfourchent leur tandem, direction le domaine colonial Union Estate que nous sommes obligés de traverser pour atteindre la plage mythique d’Anse Source d’Argent. Ce dernier comprend une imposante demeure coloniale, une usine à Coprah, une plantation de vanille. Au bout de ce domaine, nous déposons nos vélos pour rejoindre la plage à pied.

C’est Seychelles La Digue sans doute cette plage que vous avez vue des centaines de fois sur les affiches publicitaires: un filet de sable blanc étincelant jalonné d’énormes blocs de granit impeccablement poncés, une frondaison de cocotiers et de takamakas, un lagon à l’eau délicieusement tiède. C’est l’une des plus belles plages du monde. Elle se déploie en plusieurs criques autour de ces imposants blocs de granit qui semblent avoir été figés dans leur chute du flanc des collines verdoyantes jusqu’à la mer transparente. Quelle magie dégagée par ce décor idyllique! Que de photos, que de photos,… nous longeons la plage, tantôt sur le sable, tantôt les pieds puis les mollets dans l’eau en passant devant Anse Pierrot, puis Anse aux Cèdres, Anse Bonnet carré et enfin, la plus au sud, Anse Marron où déferlent de gros rouleaux.

Seychelles La Digue

Elles rivalisent toutes de beauté et, plus on s’éloigne d’Anse Source d’Argent, moins il y a de monde. On ne peut être insensible devant un tel spectacle. L’heure tourne, il faut se résigner à faire demi-tour. On rejoint le groupe au niveau de paillotes qui proposent d’excellents jus de fruits frais ainsi que de grandes assiettes de fruits locaux: mangues, papayes, goyave, fruits de la passion, carambole, avocats,… un pur régal. Tandis que les uns vont rejoindre Grand’Anse à vélo, Philippe, Patrick et moi partons à l’assaut du point culminant de l’île, Nid d’Aigle à 333m d’où nous pourrons bénéficier d’un panorama à 360°. Très rapidement, la route devient très pentue et nous sommes contraints de déposer nos vélos sur le bas-côté de la route pour continuer à pied. Nous suons à grosses gouttes pour rejoindre le snack Bellevue, puis continuons par un petit sentier ombragé jusqu’au sommet. La vue est en effet superbe sur de nombreuses îles de l’archipel. Il nous tarde de redescendre pour apprécier une boisson fraîche au snack Bellevue.

Je choisis Seychelles La Digue les fruits pour faire un excellent jus de fruit frais: mangue, fruit de la passion et carambole, un pur bonheur… Il ne nous reste plus qu’à dévaler la pente sans oublier de récupérer nos montures. Nous avons juste le temps d’aller à Grand’Anse, plage également réputée. Elle forme un immense arc de cercle et l’étendue sableuse est très large. Cernée à chaque extrémité par des amoncellements de rochers granitiques, elle apparaît plus sauvage. D’énormes rouleaux viennent s’échouer sur le sable rendant la baignade dangereuse. Il est 16h et les couleurs sont magnifiques, les rochers se teintent de rose. Nous devons être de retour vers 17h au port, il nous faut donc repartir. Quelle belle journée: nous avons bien transpiré, mais cela en valait la peine. Une fois sur le catamaran, nous sortons du port pour aller mouiller à quelques encablures. Nous serons au calme, mais il y a de la houle et beaucoup de vent…


Vendredi 22 mai

Traversée de l'île de la Digue à l'île de Mahé

Seychelles La Digue

Après une nuit très agitée, le ciel est très gris au réveil puis rapidement, il se met à pleuvoir. On part pour la grande traversée vers le parc marin de Ste Anne. Au départ, tout le monde est sur le pont, puis la pluie aura raison de nous et Mervin termine seul à la barre. Le vent est de travers l’obligeant à coupler moteur et voile. Les lignes sont tendues pour la pêche. Soudain Mervin ralentit, Rodney remonte la ligne avec beaucoup de mal; il doit y avoir une grosse prise. Rodney enroule, enroule, la canne se plie, ça y est, on aperçoit la bête: c’est un gros Wahoo. Il se débat comme un diable et au moment de l’enfourcher, l’hameçon cède et c’est fini. Quelle déception! Après une traversée mouvementée où les estomacs ont été mis à rude épreuve, nous jetons l’ancre vers 13h dans le parc marin de Ste Anne.

Le temps Seychelles La Digues’éclaircit timidement. Tout le monde est un peu dans le «gaz» et il faut vraiment se motiver pour une petite plongée, le temps que Rodney nous prépare à manger. Une fois dans l’eau, la fatigue disparaît, surtout quand une tortue vient nous rendre visite. Nous la suivons un moment, quel beau spectacle! Les coraux sont de toute beauté, surtout les tabulaires. Les poissons jouent à cache-cache entre les coraux, un poisson-clown à droite, un papillon d’Arabie à gauche, de nombreuses demoiselles à bande noire, les poissons-ange sont également de la partie. Le repas va requinquer les troupes et c’est reparti pour une dernière plongée du bateau. Ils sont toujours tous là: les poissons-ange, papillon, clown, perroquet et même, notre amie la tortue imbriquée. C’est difficile de revenir au bateau, surtout que c’est la fin de notre croisière. Vers 17h, nous nous dirigeons vers la marina de Victoria. Pour notre dernière soirée à bord, nous avons droit au champagne, c’est la fête. La pluie s’invite ce qui nous contraint à dormir dans les cabines et à tout fermer…


Samedi 23 mai

Mahé, fin de la croisière en catamaran

Un réveil sonne dès 6h à plusieurs reprises, il réveille tout le bateau excepté l’intéressé qui n’est autre que Rodney. Nous sommes censés prendre le p’tit déj à 7h. Complètement dans le potage, il se lève puis s’écroule à nouveau. Il a dû bien faire la fête avec ses copains pour fêter le retour à Victoria! Mervin arrive à 7h et une heure plus tard, nous sommes quand même fin prêts quand le minibus vient nous chercher pour nous conduire à l’hôtel où nous allons passer les 3 derniers jours. Nous saluons notre équipage qui reprend un nouveau groupe dès 15h pour une semaine.
Auteurs : Patrick et Corine Willemain