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Récit et photos de voyage à Madagascar
Trek dans le parc de l'Isalo

Dimanche 27 juillet

Ranohira, entrée dans la parc national de l'Isalo, Canyon des Rats

Nous quittons le Tsara camp sous un grand ciel bleu à bord d’un pick-up qui va nous conduire au prochain village. Sur les 15km de piste, nous voyons de nombreux villageois endimanchés qui rejoignent le village à pied pour assister à la messe. Nous voici au village où nous retrouvons notre minibus et notre chauffeur Mika.

Le minibus chargé, Madagascar - Isaloc’est parti pour 30mn de bonne piste avant de rejoindre la RN7 vers Ranohira. Nous entrons dans le pays Bara, peuple d’éleveurs nomades, où voler des zébus est une tradition ancestrale. C’est même une preuve de virilité pour les jeunes hommes. Les Bara privilégient la possession d’un zébu à celle d’une maison ou d’autres biens matériels. Fetra nous explique le système de l’épargne malgache: la volaille étant l’épargne à court terme, le porc acheté en janvier et revendu en juin au moment de la fête de l’indépendance représente l’épargne à moyen terme, et le zébu (environ 300€) représente l’épargne à long terme. Il faut posséder des zébus pour se marier. Les maisons sont toujours en torchis, mais plus basses qu’en pays Betsileo.

Madagascar - Isalo

Une fois sur la RN7, la route est quasiment droite à perte de vue. Nous apercevons le rocher d’Ifandana qui rappelle un épisode tragique de l’histoire malgache où, pendant le règne de Radama I, les populations betsileo ont préféré se jeter du haut de ce rocher plutôt que de se soumettre à la domination merina. Le paysage change et devient aride. Après la traversée de nombreux villages, toujours très animés, avec des petits vendeurs le long de la route, nous arrivons à Ranohira, étape pour la visite du Parc naturel de l’Isalo, prononcé «Ichal». Après les formalités administratives pour l’entrée dans le Parc, nous faisons la connaissance de Vincent, le guide local, et rejoignons le départ de notre dernier trek. Amphithéâtre de grés, le massif de l’Isalo étend sur 180km de long ses canyons étonnants au milieu de la savane mordorée. Cela représente 80.000 ha d’un décor de pierres et de rochers déchiquetés aux teintes grises, ocres ou encore rouges, devenant bleuté au coucher du soleil, un véritable paysage lunaire. Sculpté par la pluie et le vent, travaillé par l’érosion, ce massif ruiniforme est admirable pour ses paysages souvent spectaculaires, au relief torturé, et pour ses piscines naturelles.

Nous partons Madagascar - Isalo vers 14h30 pour 2 bonnes heures de marche dans le canyon des rats, canyon très profond où la lumière pénètre avec difficulté. Au retour, le coucher de soleil nous offre de très belles lumières sur le massif.


Lundi 28 juillet

Canyon Maki, bassin du roi, piscine naturelle et camping

Il y a eu Madagascar - Isalo beaucoup de vent, et quelques averses ont ponctué la nuit. Les nuages font de la résistance au réveil, mais rien de bien inquiétant. Nous pouvons immortaliser de très belles lumières sur les falaises, au moment du lever du soleil. Nous partons peu avant 8h en direction du canyon du maki, long de 17kms. Le départ se passe en forêt avant d’arriver dans le canyon où, de très belles marches ont été taillées dans la roche. Nous allons jusqu’au bassin du roi avant de faire demi-tour, car il est très délicat de continuer dans le canyon à cause du franchissement de très gros blocs. Nous remontons sur le haut du canyon, un vaste plateau s’étire devant nous.

Madagascar - Isalo

Le paysage est magnifique. Les nuages ont totalement disparu et il fait même chaud. Nous parcourons plusieurs kilomètres dans un paysage lunaire aux formes insolites qui se métamorphosent au gré des lumières. Y pousse une végétation endémique telle le pachypodium. Nous nous arrêtons au niveau d’une source pour pique-niquer.

C’est Madagascar - Isalo ensuite reparti pour 1h30 de marche avant d’atteindre la piscine naturelle tant attendue, où nous profitons d’un bain salvateur entouré d’une végétation luxuriante. Le campement est situé juste au-dessus. Avant le coucher du soleil, Patrick repère de beaux spots pour le lever du jour. Pour le dernier soir en compagnie de Léa, Vali, Vincent et les porteurs, nous avons droit à un punch coco aux fruits, suivi d’un repas typique malgache: une salade de légumes, du porc en sauce accompagné de riz rouge et de bred, puis pour terminer une crêpe au chocolat avec Tirawa écrit dessus. Le ciel est très étoilé au moment de se coucher.


Mardi 29 juillet

Piscines naturelles ‘bleue’ et ‘noire’, Cascade des nymphes, Ranohira, Ilakaka, Tulear

Malheureusement, au réveil, nous sommes dans le brouillard. C’est raté pour les belles photos de lever de soleil dans les rochers déchiquetés. La mort dans l’âme, nous quittons le campement peu avant 7h pour rejoindre les piscines naturelles ‘bleue’ et ‘noire’, ainsi que la cascade des nymphes. Le terrain, d’abord plat se poursuit par une descente, puis remonte à un col, lorsque le soleil tente une timide percée. Cela ne dure pas et c’est dommage, car ces roches aux formes esthétiques sont magnifiques, sans que nous puissions prendre de photos. Un sentier balcon nous amène au campement des cascades où il reste encore quelques campeurs. Un caméléon se prélasse sur une branche. Les lémuriens quant à eux boudent, car le soleil ne daigne pas percer. Peut-être au retour, avec un peu de chance… Madagascar - Isalo nous filons le long de la rivière en direction des piscines, l’une est en effet bleue tandis que l’autre est très sombre, mais cela manque cruellement de lumière.

Nous Madagascar - Isalorevenons sur nos pas pour prendre le chemin qui monte à la cascade. Cette dernière est très belle, un filet d’eau plonge dans un bassin vert pâle. De retour au camp, quelle surprise, les lémurs nous attendent! 5 ou 6 vulvus au pelage marron et Madagascar - Isalo un lémurien sifaka ou grand blanc, le seul qui reste dans la région. C'est en effet une espèce menacée de disparition. Ils sont superbes, ils posent presque pour les photos! Nous quittons nos amis lémurs pour rejoindre le parking où nous attend Mika avec le minibus. Nous rejoignons Ranohira en 30mn et faisons nos adieux à Vincent, les porteurs, Vali et David de la logistique, et enfin Léa notre cuisinière émérite qui nous a vraiment régalés. C’est en effet la fin de la partie trekking du séjour. La route est toute droite sur des kilomètres. On croise très peu de voitures, quelques taxis-brousse. Nous nous arrêtons pour manger à Ilakaka, qui s’est transformée en une ville digne du Far West avec ses baraques champignons, ses bars, suite à la découverte en 1998 d’un important gisement de saphir. En 2 bonnes heures de RN7 nous atteignons Tuléar sur la côte sud-ouest de Madagascar, où nous passerons la nuit dans un hôtel tenu par une Française. Nous prenons possession de nos chambres avant d’aller faire un petit tour en bord de mer et au marché au coquillage avant la tombée de la nuit. La plage est très sale et il y a un très fort vent. Le soir, nous retournons en ville pour manger dans un restaurant de poisson.

Auteur : Patrick et Corine Willemain