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Trek en Islande
du Sveinstindur à la faille d’Eldgja

Jeudi 4 juillet

Départ du Landmannalaugar, en bus pour le refuge Saeluhüs, début du trek

Il a plu toute la nuit et cela continue…mouillée pour mouillée, pourquoi ne pas retourner au bain? Un peu dur de faire le chemin sous la pluie, mais aucun regret une fois dans l’eau chaude. Ensuite, vient le temps du rangement et du démontage du campement. Notre chauffeur Eynar va conduire le 4x4 jusqu’à la fin du trek et nous retrouvera tous les soirs. Il arrive vers 12h accompagné de son chien Karpur. Quant à nous, nous partons en minibus rejoindre le début du trek, soit environ 3h de piste. Nous empruntons d’abord la piste F208 puis bifurquons sur la F235. Malgré la pluie, c’est magnifique. Petit à petit, le paysage islandais change, devient un désert de sable surmonté de petits monticules recouverts de mousse phosphorescente.

Au bout de 2h, trek Islande le chauffeur nous dépose et il nous reste une bonne heure de marche dans ce désert de cendre noire. Rapidement il nous faut traverser un 1er gué. Rien de méchant, mais il vaut mieux se déchausser si l’on ne veut pas avoir les chaussures mouillées le lendemain matin. Nous arrivons vers 16h30 au campement situé au pied du refuge Saeluhüs. Ce refuge non gardé est complet ce soir. Nous sommes au pied d’un lac asséché. Tandis que 5, 6 d’entre nous hissent la tente mess, les autres s’affairent à monter les tentes individuelles. Il y a encore des déboires de fermeture éclair ce soir…. Puis, c’est les préparatifs du saumon en papillote. Stéphane va creuser un trou dans lequel il met le charbon qu’il a imbibé généreusement d’alcool auparavant. Une allumette et c’est parti. Dès qu’il y a de la braise, il étale les pochons de saumon. Un pur régal pour les papilles…que du bonheur! Dans la soirée, les gardes du parc viennent discuter un peu et nous informent que demain, c’est pluie, pluie et tempête au programme. On avisera. Bonne nuit à tous…


Vendredi 5 juillet

Randonnée vers le Sveinstindur et le lac Langisjor

photo Islande

Après une nuit un peu arrosée, il fait plus que gris. Quelques rayons très timides font de brèves apparitions. Stéphane décide de partir par les lacs et si cela se dégage, nous monterons au Sveinstindur. Mais ce n’est pas gagné. Très vite, le sommet se couvre de plus en plus, c’est cuit. Nous avançons jusqu’à surplomber un petit lac avec au loin le lac Langisjor que le programme nous décrivait comme l’un des sites les plus magiques d’Islande. Mais la brume recouvre tout le paysage et le vent se lève en tempête: le véritable temps islandais se met en place, nous dit Stéphane. Nous repartons, grignotons, faisons une boucle, mais la pluie et le vent s’accentuent. Nous sommes de retour au camp vers 15h, bien trempés. Nous prenons une soupe puis un thé pour nous réchauffer.

Enfin, récit IslandeEynar revient en disant que la tempête est annoncée pour la nuit. Il se renseigne pour savoir s’il y a de la place au refuge. La réponse est positive donc nous démontons la tente mess et nos tentes et rapatrions nos affaires dans le refuge Saeluhüs. Seul Stéphane qui teste une tente d’expédition pour MSR va rester dehors pour voir comment elle se comporte au vent et à la pluie. Ceux-ci redoublent de force et nous sommes bien contents d’être au sec. Ce soir, un menu de fête: écrevisse au vin blanc. Stéphane nous fait saliver. Dans la soirée, nous accueillons 2 jeunes Allemandes trempées, un peu plus tard, un Américain et un Anglais complètement paniqués: leur tente n’a pas résisté au vent du lac Langisjor. Nous les invitons à prendre le repas avec nous, les Allemandes déclinent l’offre tandis que les 2 jeunes acceptent avec grand plaisir. C’est encore un véritable régal qui nous fait presque oublier le temps exécrable. Nous rentrons sous les couettes, bercés par le vent et la pluie en ayant une pensée pour Stéphane sous sa tente.


Samedi 6 juillet

C'est parti pour le trek: du Sveinstindur à Skalingar

trek Islande

Il a plu et venté toute la nuit jusque vers 6h du matin. Au lever, c’est un peu plus clair. Stéphane est indemne et sa tente a très bien résisté, il entendait le vent s’engouffrer entre les 2 toiles, mais sans que la tente bouge. Après le p’tit déj et le rangement des affaires dans le 4x4, nous partons, accompagnés de l'Américain et de l'Anglais pour environ 6h de marche, dont le fameux passage de gué tant attendu par les uns et «redouté» par les autres! Le temps alterne entre le gris et les averses. Nous rejoignons rapidement la rivière Skafta que nous longeons un moment. Le paysage est superbe, mais la pluie nous empêche de sortir les appareils photo. Nous arrivons sur un plateau recouvert de cendre avant de descendre un beau canyon.

Enfin, photo IslandeEn bas, nous grignotons avant que ne commence le strip-tease: nous sommes bientôt en petite culotte, goretex et sandale, un look d'enfer, pour traverser le gué! Il fait froid et humide. Nous allons en fait franchir plusieurs bras de la rivière Skafta qui se succèdent avec plus ou moins d’eau et de courant. Stéphane nous montre la technique: il faut se tenir par les bras serrés l’un contre l’autre et avancer doucement pour résister au courant et surtout regarder l’autre côté de la rive pour éviter d’être attiré par l’eau. C’est parti pour l’aventure. Le 1er bras n’est pas très profond, mais c’est glacial. Le 2nd et le 3e sont de plus en plus larges et profonds avec un peu plus de courant à chaque fois. Chaque duo traverse avec plus ou moins d’appréhension. Ensuite, nous marchons un peu avant de rejoindre le dernier bras, Stéphane a gardé le meilleur pour la fin. Il cherche l’endroit où cela va être le moins difficile. C’est parti, là nous avons l’eau glaciale à mi-cuisse et un courant qui nous entraîne. Dur, dur, mais tout le groupe passe sans encombre…

récit Islande

Nous passons ensuite à côté d’un beau lac avant de grimper par un canyon étroit. Que du bonheur surtout que le soleil daigne se montrer pour nous laisser immortaliser ces paysages uniques d'Islande. Une fois sortis du canyon, nous arrivons sur un grand plateau, rejoignons une piste que l’on emprunte avant de descendre le long d’une petite rivière avec deux belles cascades à droite. Une dizaine de moutons paissent tranquillement. Vers 16h, nous arrivons au refuge Skalingar perdu au milieu d’une rivière et d’un champ de lave avec des roches aux formes sculptées. Le vent qui s’est levé nous a permis de sécher nos vêtements. Nous séchons également nos tentes, mais préférons nous installer dans le refuge Skalingar qui est vide, car le vent est encore annoncé pour la nuit. Stéphane appelle ses copains guides et apprend qu'ils étaient inquiets pour nous. En effet, tous les sentiers de randonnée ont été interdits dans le Landmanalaugar et de nombreuses tentes ont été arrachées, dont une tente mess qui a été transpercée par le mât central. Nous nous en sortons donc bien et nous apprenons notre première leçon: en Islande, on ne plaisante pas avec la météo. Malheureusement, la tempête n'est pas finie... Rassasiés par l’omelette aux champignons, nous allons nous coucher.


Dimanche 7 juillet

Skalingar, faille d’Eldgja, cascade Ofaerufoss, Aftavotn

trek Islande

Le ciel s'est dégagé la nuit. Vers 5h du matin, je me lève pour faire quelques photos car la lumière est superbe. Au lever, vers 8h, il fait toujours aussi beau, pourvu que cela dure. Après le p’tit déj, Stéphane appelle Eynar qui a laissé la remorque, mais on ne l'a pas vu de la soirée. En fait, il a eu un problème mécanique avec le 4x4 et a dû retourner sur Reykjavik. On met les bagages sous la remorque puis on part vers 10h. Nous remontons la piste puis partons droit dans la pente jusqu’à un col. Nous avons une très belle vue sur le Mayrdalsjökull. Au col, nous surplombons la faille d’Eldgja ouverte suite à l’éruption de 984 qui a duré 8 mois et expulsé 13km3 de basalte. Nous restons bouche bée devant un tel spectacle. Nous descendons ensuite dans la cendre en longeant la faille et arrivons en face de la cascade Ofaerufoss au débit plus qu’impressionnant. Nous pique-niquons dans cette salle à manger à la vue panoramique et imprenable. Nous rejoignons la rivière et croisons du monde en direction de la cascade, car nous ne sommes pas loin d'un parking. Nous prenons une piste que nous laissons rapidement pour longer un cours d’eau avec de belles petites cascades et arches de lave.

Le ciel photo Islandese charge petit à petit. L'Anglais et l'Américain continuent leur route, remerciant chaleureusement Stéphane et le groupe de les avoir aidés. Mais en Islande, la solidarité prime face à une nature qui peut se montrer impitoyable. Nous poursuivons le long du cours d’eau. Malheureusement, la pluie nous rattrape au niveau d’un sommet au nom imprononçable de Moraudavatnshnukar. On s’équipe pour la pluie, on repart d’un bon pas. Nous devons traverser la rivière qui est beaucoup plus grosse que d’habitude et il faut se résoudre à retirer les chaussures. La 1ère partie n’est pas difficile, car il y a très peu de courant. Malheureusement, Monique glisse et tombe sur le poignet. Elle se relève, mais a très mal. Nous continuons jusqu’au pont de lave qui est recouvert d’une eau tumultueuse. Stéphane n’avait encore jamais l'eau submerger le pont. C'est donc par deux, en se tenant bien, que l'on traverse cette furie. Plus qu’1/4h pour le refuge Aftavotn. Juste avant le refuge, nous croisons deux 4x4. Stéphane interpelle le 1er, ce sont des Français. En effet, il craint que Monique se soit fracturée le poignet et préfère qu'elle soit examinée au poste de secours. Après le thé pour se réchauffer, c’est la préparation des spaghettis bolo. C’est toujours le déluge quand on va se coucher vers 21h30. À suivre…

Auteurs : Patrick et Corine Willemain