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Trek en Islande
Laugavegur: de Alftavatn à Porsmok

Mercredi 10 juillet

Laugavegur: Alftavatn, Emstrur, le glacier Myrdalsjokull

Après une très bonne nuit, il fait un peu gris au lever donc Stéphane décide de continuer jusqu’à Emstrur et de ne pas faire les crêtes au-dessus du lac. Nous partons vers 10h pour 4h30 de randonnée, 240m de montée et 280 de descente. Nous revenons sur nos pas, traversons un petit gué puis continuons sur une piste. Nos sommes sur le fameux trek du Laugavegur. Nous croisons un troupeau de chevaux islandais, une centaine environ dont seulement une dizaine sont montés par des cavaliers. Très belle chevauchée dans un décor sauvage à souhait, un grand moment de photographie. Le soleil perce les nuages, le terrain est vallonné, cela devient sympa. Nous pique-niquons au pied d’une cascade au débit impressionnant.

Nous longeons trek Islande de belles montagnes recouvertes de cette mousse si caractéristique des paysages islandais et arrivons à un col. Le campement est 300m plus bas. Stéphane est allé assez vite, car le campement est en terrasse et les bons emplacements sont recherchés. Nous faisons face au superbe glacier Myrdalsjokull. Tandis que certains montent la tente mess, les autres montent les petites tentes. En peu de temps, c’est fait et nous sommes attablés devant les pâtes. Il ne tarde pas à pleuvoir et attendons que cela se dégage pour faire une courte randonnée dans un canyon. Cela s’éclaircit doucement et nous y allons. C’est tout simplement fabuleux, une profondeur de plusieurs centaines de mètres, au fond, une rivière tumultueuse et, de chaque côté, de la rhyolite, de l’oxyde de cuivre, la mousse, les ciels chargés, que de couleurs, quelle ambiance… Après 1h30 de balade avec en toile de fond le glacier, nous sommes de retour au camp pour préparer le repas. Ce soir: saucisse et purée de patates douces. A demain pour de nouvelles aventures!

Jeudi 11 juillet

Laugavegur: Emstrur, Porsmok

Il a plu quasiment toute la nuit et cela continue. Nous partons donc vers 10h sous la pluie et le vent pour Porsmok (forêt de tolls). Nous dominons le canyon, mais le brouillard est tel que nous ne le voyons même pas. Nous sommes sur le Laugavegur et nous ne sommes plus seuls au monde: nous doublons puis nous faisons doubler par différents groupes, mais finalement, nous serons les premiers à Langidalur. Petit à petit, la pluie cesse et le brouillard se dissipe.

photo Islande

Petit quart d’heure compétition entre Olivier, Patrick et Stéphane qui disparaissent dans la brume, et nous attendent en haut de la montée, sur le plateau. Nous marchons plus d’une heure sur ce plateau avant de descendre vers la rivière pour une dernière traversée de gué. Nous remontons ensuite dans une forêt de bouleaux arctiques, le paysage change alors totalement. Au loin nous apercevons la côte avec un rocher ressemblant à Tombelaine, en baie du mont St Michel. Nous bifurquons à gauche vers notre campement où nous dormirons 2 nuits. Celui-ci est fort sympathique, une belle pelouse au pied des langues de glace du Myrdalsjokull et de l’Eyjafjallajokull qui jouent à cache-cache avec les nuages. Nous profitons de notre avance pour nettoyer et réorganiser les caisses avec les aliments qui restent. Ensuite, les averses alternent avec quelques accalmies qui nous laissent le temps de préparer les 2 derniers gigots. C’est la dernière soirée avec Eynar notre chauffeur, qui repart demain sur Reyjkavik. Il est venu avec un cubitainer de vin français JP Chenet. Il nous explique son parcours universitaire en histoire qui détonne avec sa bonhomie de driver, puis on discute du cursus de chacun. Maurice, médecin, mais également artiste, lui offre un dessin au crayon de couleur représentant le 4x4, son chien Karpur, les rivières, les volcans du paysage islandais. Il est tout heureux d’un cadeau si personnel.


Vendredi 12 juillet

Randonnée pour observer l'éruption de l'Eyjafjallajokull en 2010

récit Islande

Il a plu une bonne partie de la nuit, c’est encore bien couvert au petit matin, mais Stéphane le sent bien pour monter sur le Morinsheidi d’où l’on aura une vue sur les dernières coulées de laves de l’Eyjafjallajokull datant du printemps 2010. Nous partons vers 10h30 sous un temps peu engageant, mais il faut tenter. Nous longeons la rivière très délicate à traverser pour les véhicules, mais, fort heureusement pour nous, il y a un pont mobile. Nous nous élevons dans une forêt de bouleaux arctiques par un petit sentier montagnard. Les nuages passent, certains libèrent quelques gouttes. On s’habille, se déshabille. Stéphane scrute le ciel. C’est au col que nous prendrons la décision: s’il pleut et que l’on ne voit pas le glacier, on redescend en faisant une boucle, si cela se dégage, on monte au sommet. Nous pique-niquons à l’abri d’une grotte.

Entre temps, trek Islande nous avons de la chance, le ciel s’est dégagé. Nous filons au col puis grimpons la partie sommitale plus raide, équipée de quelques chaînes. Nous débouchons sur un vaste plateau d'où l'on peut voir les laves de l’Eyjafjallajokull. Nous cherchons du regard les coulées récentes. Toute la partie devant nous avec différentes excroissances et de beaux couloirs de lave n’existait pas il y a 3 ans! L’éruption a dû être très impressionnante. Quelques fumerolles s’échappent encore du volcan. Séance photo de groupe au soleil, les nuages tournent autour en nous épargnant. Puis, il faut se résigner à quitter le sommet pour redescendre au camp que nous atteignons vers 16h15 après avoir monté et descendu 600m. Dans la forêt, un traquet motteux, bel oiseau orangé, posé sur une branche de bouleau, déguste un ver de terre et se prête facilement à une séance photo.

photo Islande

Tandis que les premiers se précipitent à la douche espérant qu’elle soit chaude, Sophie et moi préparons le fameux cookie, boîte que Stéphane avait prise pour des céréales au chocolat. La pâte est prête, mise dans 2 plats en alu posés dans une cocotte avec de l’eau sur laquelle on retourne une petite cocotte, gazinière artisanale ; il faut savoir prendre des risques. La cuisson est un peu longue, la pâte reste un peu molle, mais cela devrait devenir croquant, une fois passée sur la braise laissée par les côtes de gigot. En parallèle, nous préparons une crème à la vanille que l’on mettra dessus et le tout sera recouvert de chocolat en poudre et de quelques drapeaux islandais en guise de bougies; c’est l’anniversaire de Stéphane (dans quelques jours). Une fois les côtes de gigot dégustées, nous peaufinons notre «tiramisu islandais» et entrons sous la tente en entonnant "Happy birthday to you, Stéphane" repris en cœur par l’ensemble du groupe. Maurice lui a préparé un dessin avec des chevaux islandais, un gué et des montagnes au dos duquel nous avons écrit un mot de remerciement pour sa gentillesse, son professionnalisme, ses talents culinaires, son enthousiasme, sa passion et son envie de nous faire apprécier sa terre d’adoption l’Islande, avec ce qu’elle recèle de beauté et de dureté à la fois.


Samedi 13 juillet

This is the end, my friends

Le samedi, c’est la pluie qui nous accompagne jusqu’à Reykjavik où nous laissons Fabienne et Philippe qui continuent en solo une semaine, Sophie qui part pour une semaine au Groenland et Stéphane qui retrouve un nouveau groupe dès demain matin pour quinze jours de traversée de l’Islande en 4x4. Nous avons conscience d’avoir vécu des moments extraordinaires, isolés du monde et d'avoir formé un groupe soudé. Nous nous donnons rendez-vous l’an prochain au Groenland, pour un trek que Stéphane apprécie tout particulièrement. Pour tous les amoureux de la Nature qui ne connaîtraient pas encore l’Islande, aucune hésitation à avoir, c’est votre prochaine destination. Tapez 66°N et demandez Stéphane. Mais ne vous trompez pas, n’y allez pas pour la chaleur, mais bien pour la beauté des paysages. La nature y est comme nulle part ailleurs.

Auteurs : Patrick et Corine Willemain