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Trek en Islande
Alftavotn, Strutur, Alftavatn

Lundi 8 juillet

D'Alftavotn à Strutur, quelques gués plus loin...

Il a plu une bonne partie de la nuit avec du brouillard et c’est encore la purée de pois en se levant. Stéphane nous dit qu’il est urgent d’attendre. Pour s’occuper, on va ranger la remorque et les caisses. En parallèle, une équipe prépare le taboulé. Le plafond se lève puis baisse à nouveau à plusieurs reprises. En fin de matinée, Stéphane arrive à joindre Monique, elle a en effet une fracture du poignet et espère être rapatriée en Belgique au plus tôt. Pour passer le temps, on mange. La météo pourrait s’améliorer dans l’après-midi d’après les infos de 66° N. Tandis que l’on se détend devant le refuge en espérant partir, Claude s’exclame: «on est fin bien pitout». Après explication, cette expression picarde signifie: «on est bien et tout va bien». Stéphane prend la décision de partir au plus tard à 16h si les nuages montent. On les pousse si fort en pensée qu’ils finissent par se dissiper.

A 15h30, trek Islande branle-bas de combat, c’est décidé, nous partons pour rejoindre le refuge de Strutur que nous devrions atteindre vers minuit après avoir monté et descendu environ 1200m. Pour commencer, il faut retraverser le gros gué de la veille. Il y a toujours autant d’eau. Claude part comme un fou, glisse et se râpe la cuisse. Quant à moi, je perds une de mes sandales qui part avec le courant. Patrick part le dernier et a un moment de solitude jusqu’à ce que Stéphane vienne lui prêter main-forte avec ses bâtons. Et voilà, nous sommes tous passés, mais nous arrivons à un second gué, plus profond et remuant. Stéphane va à différents endroits pour tester où cela va le mieux passer. Chacun se déshabille et Stéphane part en premier, s’aidant de ses bâtons. Le premier bras est costaud, mais le second s’avère beaucoup plus puissant, et l’eau lui arrive en haut des cuisses, et comme il est grand, cela promet! Il nous demande de former un mur de 4, en se serrant fort par les bras, en marchant doucement et en regardant où l’on doit arriver et surtout pas dans l’eau.

photo Islande

Nous partons avec Philippe et Fabienne. Lors du passage du premier bras, le courant me soulève. Quant au second, l’eau nous arrive à la taille et nous dévions dans le courant, et c'est glacial... Nous arrivons à grand-peine de l’autre côté. Pour le gué suivant, nous nous mettrons à 5, car nous sommes trop légers. Puis, c’est reparti en remontant le long de cette rivière qui se transforme en de majestueuses cascades. C’est fabuleux. On est en hauteur avant de redescendre par un long plateau où la neige recouvre les différents bras de rivière nous épargnant quelques traversées de gué. Le ciel se dégage de plus en plus, c’est vraiment très beau. 1h30 plus tard nous arrivons au lac des cygnes. Il est éclairé par le soleil, quel spectacle! Les abords sont recouverts d’eau et il va falloir se déchausser et mettre les chaussons de gué pour arriver jusqu’à la rivière. Stéphane insiste pour me fabriquer une sandale pour remplacer celle perdue dans la rivière. Il sacrifie son tapis de mousse qu'il découpe et fixe avec de l'élastoplast. Cela fait un peu handicapé mais cela tient.

Vingt minutes plus tard, trek Islande nous arrivons au dernier gué de la journée qui nous sépare de sources d’eau chaude. En principe, il y a un pont, mais il a dû être emporté et nous allons devoir à nouveau nous préparer pour la traversée. Stéphane, comme à l’accoutumée, cherche le meilleur endroit. Il nous dit que cela va être très froid et très remuant, mais nous n’avons pas le choix. Cette fois, Olivier vient compléter notre équipe. L’eau est en effet glaciale, mais on ne se pose plus de question, nous traversons, car de l’autre côté, les sources d’eau chaude nous attendent. A nous le bain chaud! Toutefois, grosse déception, pas moyen de mettre le pied, l’eau est bouillante. Mais c'est sans compter sur la sagacité de Maurice qui trouve un accès plus tempéré à cette baignoire naturelle. C’est génial d’être dans un bain à environ 38° dans un environnement majestueux à 10h du soir. Que du bonheur! Mais il faut se résoudre à sortir pour boucler les 1h30 pour arriver au campement de Strutur. Nous ne risquons pas d’être pris par la nuit, mais quand même. C’est incroyable de randonner jusqu’à minuit sans lampe frontale, la lumière est un peu blafarde, mais sans plus. Quelle belle journée! Stéphane, une fois de plus, a fait le bon choix. A l’arrivée à Strutur, nous retrouvons Sophie qui a fait le trajet en 4x4 avec Eynar étant donné son appréhension de la traversée des gués. Trop sympa: ils nous ont monté les tentes.


Mardi 9 juillet

De Strutur à Alftavatn, par le désert noir

recit Islande

Au lever, il fait beau, mais Stéphane n’est pas très optimiste étant donné les nuages peu sympathiques qui pointent le bout de leur nez. Vers 10h30, nous partons pour Alftavatn. Nous débutons par une grande traversée, puis continuons par une bonne grimpette avant d’atteindre un désert noir de 17kms environ longeant le glacier de Myrdalsjökull. Finalement, le ciel s’est dégagé, il fait chaud voire très chaud et c’est tout simplement magique: le noir du sol contraste avec le blanc du glacier, la mousse verte fluo des montagnes et le bleu du ciel. On avance dans ce désert sans fin, mais pas sans faim! On s'arrête déjeuner au-dessus de la rivière qui marque l'extrémité du désert. Nous reprenons la piste et rapidement bifurquons à gauche pour monter vers le campement d’Alftavatn. Un dernier petit gué ridicule pour clore la journée, suivi d’une montée, et nous y sommes vers 17h. Nous avons monté et descendu seulement 250m, mais nous avons parcouru une vingtaine de kilomètres. La tente mess est déjà montée, et il y a de nombreuses petites tentes, nous ne sommes plus seuls au monde! Le campement fait face au très beau lac d’Aftavatn. Nous préparons la salade de pâtes pour le lendemain midi et les patates douces en purée pour accompagner le gigot à la braise de ce soir. Celui-ci sera suivi d’une boîte de fromage chaud et d'un dessert, banane, chocolat chaud et chantilly. Quel festin! Ensuite, une promenade digestive pour admirer le reflet de la montagne dans le lac d’Alftavatn. Sublime! Mais la fatigue se fait sentir et nous regagnons les tentes. Bonne nuit et à demain!

Auteurs : Patrick et Corine Willemain