Etape 13 : Tighjettu- Ascu
800m de montée, 1060 de descente, 6h de marche prévues.
Lever 5h50, départ à 7h pétante pour affronter le fameux « cirque de la solitude », tant redouté par les GRistes et l'heure de vérité pour Flo. Nous montons environ 500m sur un sentier très caillouteux. A 8h15, nous sommes au bocca Minuta, en haut du cirque, dont nous ne voyons pas le fond, il y a de grandes parois tout autour. C'est assez sombre car le soleil n'y pénètre pas. Le décor est planté. Nous descendons un sentier en lacet, très pierreux et plutôt raide où la prudence est de mise car la chute n'est pas permise! La pente se radoucit et nous arrivons aux fameuses dalles avec une succession de chaînes suivies d'une échelle. Rien de très difficile sur roches sèches, les chaînes sont là pour sécuriser. C'est la fin de la descente, nous avons croisé peu de monde, par contre, dans la montée en face, c'est une véritable autoroute, cela risque d'être un peu galère.
Nous traversons de nombreuses dalles avant de remonter sur un sentier très caillouteux, puis d'atteindre la deuxième partie équipée de chaînes. Il faut être vigileant car les randonneurs qui descendent peuvent déclencher des chutes de pierre. Nous devons attendre notre tour pour prendre les chaînes car il y a vraiment du monde. S'il y a bien un endroit sur le GR où nous ne nous sommes pas sentis seuls, c'est bien dans ce cirque de la solitude, quel paradoxe ! Nous arrivons au Bocca Tumasginesca ou col perdu vers 10h15 de l'autre côté du cirque. Et voilà, le cirque est franchi. Il fait couler beaucoup d'encre, génère beaucoup de montée d'adrénaline avant: Est-ce bien justifié ? Je ne le crois pas. Il ne faut pas écouter les dires des uns et des autres. Il vaut mieux se fier à son expérience personnelle en montagne. Un grand bravo à Flo qui appréhendait vraiment cette journée.
Après les photos de groupe et une bonne pause, nous descendons vers un lac en contrebas pour se restaurer. Au préalable, bataille de boule de neige et concours de descente sur quelques névés résiduels. Après le repas, nous continuons notre descente pendant 1h30 environ jusqu'à l'ancienne station de Haut Ascu en passant par une belle forêt de pins laricio aux formes esthétiques. Là, nous prenons possession de notre chambre d'hôtel, quel luxe, mais il n'y a pas de mal à se faire du bien. Le temps s'est couvert, la météo est très alarmiste pour la nuit et pour demain : avis de tempête et pluie. Jean-Luc et Claudie plie la tente et vont dormir dans le gîte. Nous prenons le repas à l'hôtel, avec Corinna, puis nous nous retrouvons tous les 4 pour manger une glace. Nous ne sommes pas très optimistes pour demain, nous avons prévu de gravir le Monte Cinto, le plus haut sommet de Corse (2706m) en A/R. Ceci dit, c'est une journée supplémentaire hors GR, donc nous pouvons annnuler. Nous nous donnons RV à 8h pour faire le point.
Vallon du Cinto
Samedi 18 juillet : comme annoncé, il fait un temps exécrable : vent violent, brouillard et pluie. Evidemment, nous ne partirons pas pour le Cinto. La matinée fut consacrée à la belote pour certains pendant que d'autres « flémardent ». Nous voyons arriver quelques très rares courageux qui viennent de Carrozzu, notre étape de demain. Ils n'ont rien vu, il fait froid et en plus, la pluie rend les roches glissantes. Heureusement que nous sommes passés hier dans le cirque de la solitude. Une seule personne a osé s'y aventurer. En arrivant à Ascu, il nous a avoué avoir pris des risques sur les rochers très glissants, en plus avec les doigts gelés... Dans l'après midi, le ciel se dégage petit à petit et David, un GRiste rencontré la veille nous propose d'aller dans le vallon du Cinto à la rencontre des mouflons qui, avec le froid, ont dû descendre assez bas. C'est Martine, la gardienne du gîte, très sympa, qui lui a expliqué ce plan. Nous voilà partis à une dizaine en direction du Cinto. Le vallon est très beau, de l'eau coule un peu partout. Au bout d'un moment, David nous montre en effet 5 mouflons en face. Il sont bien là mais il faut avoir de bons yeux. Cette petite ballade nous a réveillé un peu car, ne rien faire, c'est fatigant! Au retour, le temps se maintenant au beau, nous montons notre tente sur l'emplacement de bivouac. Le soir, avec Fil, Flo et Corinna, nous nous faisons la carte de l'hôtel. Ce fut : entrecôte-frites pour les hommes, Fil en mourrait d'envie, bavette-frites pour Flo et moi et truite en papillotte pour Corinna. C'était trop bon !
