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Récit et photos de voyage:
Les caravanes de sel

Bere Ale à Ahmed Ila

La nuit fût tout à fait correcte, un peu fraîche sur le matin, il ne faisait plus que 24°! Après le p’tit déj pris vers 6h30, nous allons nous balader dans le village de Bere Ale pendant que Gebriel règle les formalités administratives. Il faut en effet une autorisation pour accéder au site du Dallol et nous sommes obligés d’avoir 2 policiers armés, mesure mise en place après l’enlèvement de 3 diplomates l’année précédente… Le village de Bere Ale est très animé dès 7h du matin, les uns s’affairent au sel tandis que d’autres sont de corvées d’eau. Les chameaux traversent tranquillement le village. Les enfants jouent. Ambiance. Nous entrons dans quelques échoppes où il y a de beaux tissus très colorés. Je m’aventure dans une boutique pour acheter des stylos Bic afin de les offrir aux nombreux enfants que nous rencontrons. Le commerçant a eu beaucoup de mal à comprendre que je voulais la boîte entière, cela devait être la 1ère fois qu’il en vendait 50 d’un coup! Gebriel nous propose de les donner au chef du village où nous allons passer 2 jours afin d’éviter de créer des bagarres entre les enfants. Pour eux, un stylo est très précieux.

En regagnant notre campement, nous rencontrons un jeune homme portant un instrument de musique. Nous lui demandons le nom de cet instrument, nous comprenons «biz» et nous l’invitons à nous jouer un morceau ce qu’il fait volontiers. Il a une très belle voix et la musique est très agréable. De jeunes enfants nous ont accompagnés et ils veulent à tout prix être sur la photo avec le musicien.

Vers 9h nous partons pour une quarantaine de kms seulement, mais sur une piste très défoncée. Nous roulons en fait dans le lit d'une rivière asséchée à cette saison. C’est très sportif pour les chauffeurs, ils doivent négocier sans arrêt pour éviter de toucher avec le bas de caisse. Nous voyons que Benjamin est très concentré. Au bout d’une bonne heure, il s’arrête, que se passe-t’il? il semble préoccupé… Nous comprenons que nous perdons de l’huile, une durite est percée. Ce n’est pas un problème pour eux, il la raccourcisse et c’est réparé… Nous repartons donc dans un décor grandiose, de grandes dalles à droite et à gauche. Nous arrivons au niveau de la faille. Les 2 plaques s’écartent de 2,5cm par an, impressionnant... Au bout de quelques temps, Benjamin s’arrête de nouveau. Il ouvre le capot, cela fuit de nouveau, il va falloir réparer: il n’est plus possible de réduire le tuyau, la durite doit être changée, mais nous sommes au milieu de nulle part… Les 2 premiers 4X4 continuent, nous restons avec Tayé, chauffeur de Jean-Michel, Carole et Frédéric ainsi qu’un des gardes. Il est presque midi, il fait chaud, même très chaud (environ 40°) et il n’y a pas un brin d’ombre, seulement un peu d’air. Carole nous rafraîchit avec un brumisateur, cela fait du bien. Nous ne savons pas combien de temps cela va durer ni comment ils vont faire, mais sommes certains qu’ils trouveront une solution.

Au bout d’une bonne 1/2h, nous repartons dans le 4X4 de Tayé tandis que Benjamin et le garde reste au près de notre "super" 4X4. En chemin, nous croisons Salomon qui se rend au chevet de notre 4X4. Eh oui, Salomon est cuisinier mais aussi mécanicien et l’avenir nous apprendra qu’il excelle dans les 2 domaines! Nous arrivons rapidement à un campement de nomades au pied de la rivière Saba. C’est la pause, aussi bien pour les bêtes que pour les hommes. Ces derniers sont presque tous armés d’une kalachnikov pour se protéger des bandits Erythréens qui volent les animaux. Nous prenons de nombreuses photos avant de rejoindre nos compagnons au frais dans une hutte. Cela fait sourire de dire au frais mais il fait pourtant quelques degrés de moins à l’intérieur ce qui est appréciable pour manger. Salomon nous a préparés une bonne salade de pâtes et pommes de terre accompagnée de saucisson, de fromage et d’une orange pour terminer. Pendant que nous mangeons les 2 4X4 reviennent, ça y est, c’est réparé, pour combien de temps, pensons-nous très fort? Après être repus et reposés, nous repartons pour une bonne heure de piste plus facile jusqu’au village d’Ahmed Ila où vivent les travailleurs du sel. Nous déchargeons nos affaires, un bon café nous attend avant de repartir voir l’activité au bord du lac de sel Karoum.

Environ 250 chameaux sont là attendant de récupérer leur charge de sel (entre 150 et 200kgs répartis en plaques de 5 à 7kgs chacune). L’activité est limitée aujourd’hui, nous dira Gebriel. Nous rejoignons ensuite le village d’Ahmed Ila, prenons de nombreuses scènes de vie: les dromadaires chargés de sel qui retournent vers les hauts plateaux, les habitants du village discutant sur le pas de leur porte. Nous sommes les seuls touristes exceptés 2 autres 4X4 d’allemands. Une «douche» a été installée ou plutôt une bâche bleue faisant office de rideau de douche et à l’intérieur un bidon d’eau qui a chauffée au soleil et un petit pichet plastique pour se verser l’eau sur le corps ; Que c’est bon… quel luxe pour le village. Ensuite, un coca, presque frais… comme quoi l’on peut être heureux avec peu de chose. Les tentes ont été montées juste derrière le bâtiment où nous mangerons, à l’entrée du village d’Ahmed Ila. Salomon nous a préparé un très bon repas : soupe, spaghetti bolo, choux, salade de tomates et de betteraves et bananes, le tout, très bien présenté. Il fait très chaud, 39° mais heureusement, le vent se monte, cela rafraîchit un peu l’atmosphère. Il forcit de plus en plus quand nous allons nous coucher. Dur, dur pour dormir… En plus, il y a la télé assez fort chez les militaires juste à côté. Ces derniers sont là depuis 1an1/2 suite à l’enlèvement des diplomates. Pour couronner le tout, le groupe électrogène se met en route dès 4h du mat, quelle nuit!


L'exploitation de sel

Lever 6h pour un départ vers 7h en direction de l’exploitation de sel du lac Karoum. Nous roulons sur une croûte de sel de 2kms d’épaisseur. Nous arrivons rapidement sur l’exploitation où des centaines de travailleurs s’activent: les afars taillent les briques de sel, ils touchent 40€ par jour, les autres qui soulèvent les énormes plaques ne touchent que 7€ par jour. Ils travaillent du matin au soir sous une chaleur accablante sans un brin d’ombre.

Auteur : Patrick Willemain