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DIAPORAMA

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Récit et photos de voyage:
Lac Abbe

Cheminées de calcaire, témoins d'un lac vieux de 6.000 ans


Vers midi nous arrivons au village de Gallafi où nous accomplissons les formalités au bureau de l’immigration. Cela prend un certain temps, puis nous prenons notre dernier repas en Ethiopie dans un restaurant local où nous avons droit à la cérémonie du café. De nombreux enfants viennent nous voir et «baragouinent» quelques mots en anglais. C’est le départ pour la frontière de Djibouti que nous atteignons 1/4h plus tard. Nous nous séparons de l’équipe d’Origins Ethiopia. L’agence Doplhin Services nous attend, elle est tenue par des français vivant depuis plus de 20 ans à Djibouti, Nicolas, son responsable puis Max secondés par Jérôme, vétérinaire, qui vient très régulièrement de France. Nous devons redonner nos passeports à Nicolas. De nouveau il faut fournir sa profession pour que le fonctionnaire djiboutien fasse le même travail d'enregistrement que son collègue éthiopien. Les traductions sont très approximatives, Ingénieur télécoms se transforme en standardiste et psychologue se transforme en docteur! Cela étant fait, nous nous répartissons dans deux 4X4 et un pickup. La clim est la bienvenue même si nous nous en sommes passés pendant 12 jours.

La République de Djibouti est indépendante depuis 1977. Le français reste la langue officielle, l’arabe littéraire étant la 2nde langue. Il y a également le Somali et de nombreux dialectes. Nous faisons un bon bout de route où nous croisons de nombreux camions chargés qui viennent de Djibouti et se dirigent vers l’Ethiopie. Le long de cette route, des feuilles de palmiers ont été coupées pour confectionner les «doums» ou nattes tressées. Puis nous prenons une piste pour rejoindre le lac Abbe. Nous traversons 2 villages très animés. Cela fait drôle d’entendre parler français, pas forcément très bien mais quand même. Au loin, nous apercevons des gazelles Pelzen. A la tombée de la nuit, nous faisons un arrêt pour faire des photos sur le lac Abbe: les cheminées, les colonnes de travertin se découpent sur le ciel crépusculaire. En arrivant au camp chacun choisit sa Daboïta, hutte typique recouverte de doum à l’intérieur de laquelle se trouve des lits de camp. Après le repas, les enfants du village entament un spectacle de danse. Ces derniers nous invitent à danser. Nous sommes avec un groupe d’une dizaine d’Ecossais. Avant de se coucher, nous tentons une douche sous un petit filet d’eau fraîche. C’est bon quand même.

Départ vers 6h pour une bonne heure de ballade dans les petites cheminées du lac Abbe. Il y a une vingtaine d’années, elles étaient quasiment toutes les pieds dans l’eau, nous dit Nicolas. La lumière du matin permet quelques clichés sympas, de ces formes fantomatiques. De retour au camp, nous sommes attendus pour le p’tit déj avec de gros beignets. Vers 9h, nous allons à pied vers le lac Abbe pour voir les flamants roses. Nous croisons de nombreuses femmes avec leurs troupeaux de chèvres et moutons qui se dirigent vers la rivière. Nous parcourons environ 4kms et cela devient de plus en plus mou sous les pieds. Patrick, qui veut se rapprocher un peu plus des flamants pour les photographier, s’enlise jusqu’aux genoux. Dur, dur de se ressortir… De retour au camp, c’est le nettoyage puis le chargement des véhicules pour rejoindre la ville de Dikhil où nous prendrons le repas. La ville est très animée mais là, nous sommes en pays musulman et il n’est plus question de prendre des photos. De nombreuses femmes ont un petit étal avec une serpillière. Que peut-il bien y avoir dessous? le khat cette plante si convoitée par les habitants qu’ils importent d’Ethiopie en quantité astronomique, plusieurs tonnes par jour. La serpillière sert à humidifier les feuilles afin qu'elles conservent leur propriétés psychotropes.

Nous prenons un repas pantagruélique : salade de choux, riz, pâtes, pommes de terre puis poulet et frites. J’achète une étole dont je négocie le prix. Mais la boutique est tenue par des femmes voilées qui ne parlent pas un mot de français, heureusement un homme arrive et fait l'interprète. Après négociations cela se termine à 100 birrs! Un autre jeune homme arrive en me demandant combien j’ai payé. Il me dit que c'est correct et me demande s’il me faut autre chose. A mon tour je fais l'intermédiaire. En effet, pour son anniversaire, Gebriel a offert à Laurent une «tchourot» (sorte de jupe portée par les hommes en Ethiopie) qu'il convient de porter avec une ceinture de cuir. Il nous guide dans le bazar attenant au restaurant où il y a de tout. Laurent trouve en effet sa ceinture. En cadeau, le jeune m’offre des épices pour le thé.

Après ces quelques emplettes, nous repartons en direction du Grand et du petit Barra qui sont d’anciens lacs. Nous sommes dans un paysage désertique de savane. Nous poursuivons 2 gazelles Pelzen qui font des bons gigantesques devant le 4X4. Vers 17h30, nous surplombons la mer. Nous faisons un arrêt où Max nous explique la théorie des failles et des plaques continentales. La faille éthiopienne s’écarte de 0,8cm/an tandis que la djiboutienne s’écarte, quant à elle, de 2,5cm/an. Le vent est glacial donc nous ne nous attarderons pas trop sur les explications. Très vite, nous apercevons le Lac Assal, en partie recouvert de sel. Nous arrivons au campement à Dankalelo, au bord de mer vers 18h. Nous y passerons 2 nuits en daboïta. Le vent souffle toujours. Nous mangeons sous une terrasse, à l’abri, avec vue sur la mer.

Auteur : Patrick Willemain