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Trek au Chili
Le salar d’Atacama, les laguna Miscanti et Miniques

Cela démarre sur les chapeaux de roue!

Chili: Antofagasta, Baquedano, désert d’Atacama, salar d’Atacama

Encore endormis, nous nous retrouvons à 4h15 pour le p’tit déj: nous devons prendre un vol intérieur vers Antofagasta, situé 1500km plus au Nord du Chili, au bord de l’océan pacifique. Après une courte escale à Arica, nous atterrissons à Antofagasta peu avant 10h. Damien, notre guide français vivant au Chili depuis une quinzaine d’années nous y attend avec Claudio notre chauffeur. Il nous fait remarquer que le vol est en retard et nous demande dès le parking de remplir nos gourdes: premier contact un peu sec mais on sent le guide organisé; on aura l'occasion d'en reparler et d'en rire avec lui plus tard...

Une fois chili antofagastale plein des gourdes effectué, nous nous dirigeons vers la Portada, arche naturelle de 20m de hauteur faite de couches de coquillages, dessinée par les vagues du Pacifique. Antofagasta est une ville portuaire de 250 000 habitants qui s’étale sur une vingtaine de kms, coincée entre la cordillère de la côte et le pacifique. Le long des quais, de nombreux pélicans attendent les déchets de poissons rejetés par les pêcheurs. Le marché au poisson bat son plein avec de très nombreuses variétés de poissons et de fruits de mer. Nous rejoignons la place centrale d'Antofagasta avec ses 2 églises, de nombreux palmiers et des fleurs exotiques en tous genres, un vrai havre de paix.

Nous reprenons la route pour rejoindre la petite ville de Baquedano. Cette route au tracé rectiligne traverse des paysages désertiques; elle est empruntée par de nombreux camions transportant de l’acide sulfurique utilisé dans les mines de cuivre. Nous mangeons dans un petit restaurant de Baquedano très couleur locale, d’abord une très bonne soupe suivie de porc ou de poulet. Après le repas, le soleil est au zénith, le ciel est d’un bleu très pur, nous allons visiter la gare désaffectée de Baquedano où a été tournée une scène du film de James Bond 007- Quantum of Solace en 2008.

trek chili atacama

Nous déambulons parmi les nombreuses vieilles locos encore présentes dans l’enceinte de la gare. Nous repartons en direction du Salar d’Atacama en traversant le désert d’Atacama qui s’étend sur environ 1000kms du nord au sud. Nous passons à côté de la mine de Chuquicamata, mine à ciel ouvert exploitée depuis 1910. Le puits principal mesure 7km de long, 4km de large et 1km de profondeur. Chaque jour, environ 800 000 tonnes de roches sont extraites de la mine de Chuquicamata. Le Chili est le premier pays producteur de cuivre au rang mondial (environ 37%). C’est sa 1ère ressource, viennent ensuite, la pâte à papier, l’agroalimentaire et le tourisme.

Nous montons lentement jusqu’à un col situé à 2900m d’altitude avant de redescendre pendant 10kms jusqu’au salar d’Atacama situé à 2300m. Plusieurs camions chargés peinent à monter. Le long de la route, de petits hôtels funéraires rappellent les nombreux accidents (problème de rupture de freins, endormissement des chauffeurs sur les longues routes rectilignes). Le salar d’Atacama au Chili s’étend sur une centaine de kms, il a une superficie de 4300km2 et possède 1400m de couches sédimentaires. Il renferme 40% de la production du Chili en lithium. Après environ 3h de route, nous atteignons notre campement au pied du salar. Nous ne campons pas au niveau du village de Peine comme prévu initialement car Damien nous explique que c’est le village des mineurs et que cela risque d’être bruyant.

Le vent trek chili atacama se monte et il faut se mettre à plusieurs pour monter chaque tente. Le soleil tombe lentement derrière le salar d’Atacama et le ciel s’éclaire petit à petit de tons orangés puis rosés. Nous mangeons à l’abri du camion car le vent souffle toujours, d'abord l’apéritif local du Pérou, le Pisco Sour, une salade, du poisson en papillotes cuit au feu de bois et une bonne salade de fruits frais (orange et anone), un régal. Puis Ingrid nous sort une petite douceur, des papillotes de chocolat avant que chacun ne rejoigne sa tente.


Trek à 4000m dès le 2ème jour: on cherche l'air!

Chili: Salar d’Atacama, Socaire, laguna Miscanti et Miniques, Talabre

Lever vers 7h avec le soleil qui éclaire rapidement le campement puis le salar d’Atacama. Nous partons à pied laissant Damien et Claudio qui nous rejoindront une fois le campement rangé. Nous longeons une galette de sel (amas de chlorure de sodium); le contraste est grand entre la blancheur du sel, le rouge des monts et le bleu pur du ciel. Après une bonne heure de marche à pied (4,9kms d’après le GPS d’Hélène), le minibus nous rejoint et nous nous dirigeons vers le village de Socaire situé à 3218m. En route, nous croisons le Chemin de l’Inca emprunté par Pedro de Valdivia vers 1540, conquistador espagnol qui fonda la future capitale, Santiago en 1541. Socaire compte 128 habitants, quelques restaurants, une épicerie, une église, le tour du village est vite fait.

roses d'atacama

Damien nous montre des roses d’Atacama, jolies petites fleurs d’un rose vif qui poussent dans les rocailles. De là, nous partons pour 1/2h de piste vers les laguna Miscanti et Miniques. Nous traversons la précordillère puis, vers 3800m, atteignons l’Altiplano, montons un col vers 4200m, puis redescendons une centaine de mètres jusqu’à la laguna Miscanti d’une superficie de 13,4km2. La laguna Miscanti est dominée par le volcan du même nom qui culmine à 5622m. Un paysage de toute beauté!

Nous longeons la laguna Miscanti à pied, le manque d’acclimatation se fait sentir même si le chemin est globalement plat. De nombreux touristes descendent juste des véhicules pour prendre des photos. Au bout de la laguna Miscanti, nous découvrons une 2ième lagune, beaucoup plus petite (1,5km2), la laguna Miniques dominée par son volcan culminant à 5910m. Les photographes que nous sommes sont éblouis. Nous reprenons le minibus pour revenir à Socaire, la faim au ventre et un sournois mal de tête. Pendant que nous mangeons, certains ont l’impression de ressentir une légère secousse sismique, fait avéré quelques jours plus tard. Je fais une rapide visite du cimetière de Socaire. En ce jour de Toussaint, de nombreuses familles s’affairent autour des tombes pour les orner de superbes couronnes de fleurs en papier.

Au loin trek chili atacama une tornade, tourbillon de poussière, s’élève vers le ciel. Nous repartons en direction du village de Talabre situé à 3250m au pied du volcan actif Lascar. 80 habitants y vivent. Nous nous installons dans la salle communale. Le village de Talabre possède de nombreuses installations récentes, un terrain de basket couvert, un terrain équipé de jeux pour enfants, des panneaux photovoltaïques, une grande serre et un système d’irrigation. Après réparation du chauffe-eau, nous pouvons prendre une douche, quel luxe! Nous profitons du soleil et du vent pour faire une petite lessive. Damien et Claudio nous préparent des grillades (choripan, travers de porc et veau) un régal! Chacun installe son matelas dans un coin de la salle. Michel s’est un peu éloigné car il a peur de nous empêcher de dormir à cause de ses ronflements. Le plus gros ronfleur sera en fait Patrick…


Nos premiers lamas, nos premiers flamants roses!

Chili: Talabre, trek dans le canyon de Tumbre,laguna Chaxa, Tombillo

Départ en minibus vers 8h pour le haut du canyon de Tumbre (3800m) que nous allons redescendre jusqu’à Talabre. Le volcan Lascar crache de belles fumerolles. Au départ, une petite fraîcheur nous accompagne surtout que le début du canyon de Tumbre est à l’ombre. Rapidement, le soleil apparaît. Ce trek consiste à descendre le canyon pendant environ 4h sur une distance de 11kms en perdant 700m d’altitude. trek laguna chaxaL'endroit est magnifique: au fond la chaîne de volcans et au premier plan, des champs de lupins et de «rich-rich», plante aromatique du Chili. Nous rejoignons l’ancien village de Talabre à 3580m. Il reste des ruines, des terrasses et un ancien système d’irrigation. Nous sommes d’abord au fond du canyon, relativement étroit avant de remonter pour dominer le salar d’Atacama. Nous rejoignons la piste, apercevons l’antenne de Talabre, mais un peu fatigués nous n'en voyons pas le bout. Quelques lamas nous accueillent à l’entrée du village de Talabre. Nous mangeons avant de repartir vers la laguna Chaxa. Claudio coupe par une piste très sableuse mais le minibus s’enlise. Après avoir poussé, il arrive à ressortir, fait demi-tour et nous rejoignons la route. La laguna Chaxa fait partie de la réserve naturelle Los Flamencos National Reserve qui regroupe un ensemble de sites situés principalement dans le Salar d'Atacama.

Sur les eaux trek laguna chaxa de la laguna Chaxa on peut apercevoir de magnifiques flamants roses, ainsi que des avocettes des Andes. On y rencontre principalement le flamant rose du Chili et le flamant rose des Andes (en voie de disparition). Il en existe une 3e espèce que nous verrons plus tard, le flamant de James. Ils se différencient, entre autre par la couleur de leur pattes, de leurs plumes et leur taille;

  • le plus gros (4kg) est le flamant Andin, il a des pattes jaunes et davantage de noir dans les plumes,
  • le flamant de James est le plus petit (3kg), il a les pattes rouges, des stries rouge vif sur le dos et un bec jaune à pointe noire,
  • le flamant Chilien se situe entre les 2, il possède les pattes gris/bleu, est plus rose et possède un bec plus clair et plus long.
De nombreux autres animaux y sont présents tels que, lézards, mouches, libellules,… la vie provenant de la décomposition d’algues sur le bord du salar. Nous marchons sur 1400m de couches sédimentaires. L’eau de cette lagune est riche en chlorure et sulfate de potassium, en acide borique et en carbonate de lithium. Il fait très chaud, l’évaporation de l’eau est de 6mm par jour. L’intensité lumineuse est très importante (38000 lux). Le tropique du Capricorne passe sur les ¾ du salar.

Après avoir fait le tour de la laguna Chaxa, nous rejoignons la vallée de Toconao, vallée très fertile avec de nombreux arbres fruitiers (coings, figues, grenades, citrons) et les arbres endémiques du Chili, le chagnard et le caroubier. Nous faisons une halte au village de Toconao le temps que Damien fasse des courses. Il y a une jolie église à 3 pans, chacun représentant un monde: le monde souterrain, le monde où l’on est et le monde divin. De nombreuses boutiques d’artisanat local existent car c’est une halte touristique. Nous reprenons la route jusqu’à l’oasis de Tombillo planté de «tamarucos» depuis la fin des années 60. C’est un terrain immense avec des tables et des barbecues installés de place en place. Il y a une belle vue sur le Licancabur au soleil couchant. Chacun choisit son emplacement puis nous aidons Damien à préparer le repas, ensuite Claudio fait griller du poulet. Après le repas, nous faisons la vaisselle tous ensemble.

Auteurs : Patrick et Corine Willemain