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Rando bivouac Clarée Thabor
Les Cerces sous la neige

Une histoire de Cheval Blanc

Lac rond, rocher du Cheval Blanc, col des Bataillères, refuge des Marches, col des Marches, Valmeinier (+800m , -1550m) environ 20km

Au lever, vers 7h, le ciel est nimbé de nuages fins qui voilent et dévoilent le rocher du cheval blanc tandis qu’un épais brouillard recouvre le Thabor. Étant donnée la pluie de la veille, il va falloir un certain temps pour que cette masse nuageuse gorgée d’humidité s’évapore. Nous avons bien fait de faire le Thabor hier et d’avancer. col du cheval blanc Peu avant 8h, nous partons en direction du rocher du Cheval Blanc qui se joue des photographes en apparaissant puis disparaissant. Une longue journée nous attend, une vingtaine de km, 800m de montée et 1550m de descente.

Rapidement, nous passons le col des Bataillères, plutôt minéral, et surplombons le lac éponyme. Les nuages se font à nouveau plus épais et c’est très dommage, car c’est du col des Bataillères que le rocher du Cheval Blanc devrait nous présenter sa plus belle face. Les lacs des Bataillères sont ternes du fait du ciel couvert et il vaut mieux descendre un peu dans la vallée afin de trouver un endroit agréable pour la pause graine. refuge des marchesEffectivement, un peu plus bas, le vallon est fleuri de rhododendrons tandis qu’une rivière serpente dans le paysage... Nous descendons ensuite tranquillement jusqu’au refuge des Marches avant d’attaquer les 500m de montée qui vont nous conduire au col des Marches. Le soleil est un peu plus présent et les lacets se font sentir. col des marchesNous dominons la grande retenue d’eau du barrage de Bissorte. Patrick a donné un coup d’accélérateur nous laissant sur place, surtout moi qui a un petit coup de mou. Il a choisi un emplacement de pique-nique dominant un beau lac de montagne et surtout abrité, eh oui, le vent s’est levé. Après le repas nous ne traînons guère à reprendre notre montée, qui se fait de plus en plus raide pour terminer en une interminable ligne droite qui nous mène au col des Marches.

Nous col des marchessommes dans la purée de pois, notre chemin n’est pas visible, nous nous engageons d’abord sur la crête, mais très vite, je me rends compte que nous n’allons pas dans la bonne direction. Nous coupons dans la pente, le nuage monte et nous laisse entrevoir le sentier plus bas. Pour éviter de nous retrouver dans les remontées mécaniques de la station de Valmeinier, nous quittons le GR de pays et prenons une sente à gauche qui nous conduit au Lac de Roche Noire, petit lac bien terne avec ce ciel gris. Nous poursuivons et cherchons un peu notre chemin dans les blocs.

Rando Valmeinier

Nous nous retrouvons sur une pente avec une végétation touffue dans laquelle a été tracé un chemin de fortune, fortune qui n’a pas réussi au pantalon d’Ivan!!! Nous traversons de petits hameaux, dont certains en ruine, les Vallons, la Losa, le Planay, le Lion avant de rejoindre le GR au niveau de l’Ordière. Là, nous cherchons un emplacement de bivouac avant d’aller faire notre ravitaillement à Valmeinier. Patrick a soi-disant repéré sur la carte un replat et un point d’eau sur le versant en face. Sophie et moi les attendons et comme je l’avais pensé, il n’y a rien, donc demi-tour pour camper dans un champ devant une maison fermée avec un jardin et une fontaine. Il nous faut une bonne demi-heure pour rejoindre la station de Valmeinier 1800. Cela fait drôle de retrouver la civilisation. Nous achetons charcuterie, fromage, pain, quelques boîtes de conserve et sachets de soupe, sans oublier mes indispensables pompotes! Le ciel est noir, nous essuyons même quelques gouttes. Nous repérons un troquet pour aller prendre une bière et cela se termine avec une calorique gaufre banane, chocolat, chantilly. Il n’y a pas de mal à se faire du bien!!! Nous hésitons même pour une pizza, mais non, cela ne serait pas raisonnable. Vers 18h, nous repartons en direction de notre bivouac. À l’arrivée, nous faisons une petite toilette grâce à la fontaine. Puis, la pluie s’invite à notre repas. Heureusement nous pouvons nous abriter le long de la maison et faire chauffer l’eau nécessaire à nos soupes et semoules.


Une journée de randonnée dans le blanc

Valmeinier, les Arendiers, Pas des Griffes, Mont Jovet, col de la Plagnette, col des Rochilles, lac du Grand Ban, Lac des Cerces (+1020m , -410m) environ 16km

La rando Valmeinierpluie nous a bercés pendant la nuit, et ce matin nous sommes dans le brouillard. Le peu que nous apercevons des sommets laisse penser qu’il a neigé au-dessus de 2000m. Les randonneurs du refuge du Mont Thabor avaient donc raison. Neige en juillet, Noël en décembre!!! En attendant, il faut quand même avancer, on ne va pas se laisser abattre par une météo capricieuse. D’autre part on va quitter la Savoie pour rejoindre les Alpes du Sud et le soleil qui va généralement avec… Nous démontons la tente sans la pluie, mais ce n’est que partie remise et on ne va guère quitter la veste de la journée. Nous nous dirigeons vers le hameau des Arendiers à 2000m et le sol a quelque peu blanchi, les fleurs se cachent sous la neige. Que de photos inédites pour la saison!

Pas des Griffes

Plus nous nous élevons, plus c’est blanc au sol et sur les sommets. Peu de temps avant d’arriver au Pas des griffes à 2550m, un cairn nous apparaît frangé de glace telle une mâchoire, le paysage est fantomatique, irréel. Au col, les jeunes boutons d’or émergent tout juste du manteau de neige, faisant apparaître de petits points jaunes. La gentiane de Koch a refermé sa corolle pour se protéger, les touffes d’herbe se sont parées d’une gangue blanche, c’est tout juste merveilleux. Déjà qu’il ne fait pas bien chaud, un petit grésil se met de la partie. Nous entamons la descente vers les ruines du Mont Jovet, où nous bifurquons à gauche pour rejoindre une grande traversée qui nous mène aux ruines de la Pissine. rando Cerces Là, il est temps de manger. Les nuages montent laissant entrevoir un coin de ciel bleu un court instant. Soyons optimistes: cela s’arrange!!! Nous prenons le repas sur le pouce et rejoignons le GR de pays du Mont Thabor que nous avions quitté. Il y a une belle grimpette jusqu’au col de la Plagnette. Pour Sophie, ce n’est pas la grande forme aujourd’hui, elle souffre d’une migraine ophtalmique et de plus, elle est allergique à l’humidité ce qui n’arrange rien... La pointe de la Plagnette, le pic de l’Aigle et l’aiguille Noire peinent à se dévoiler. Cela donne tout de même quelques clichés intéressants de montagne dans une ambiance fantomatique. Nous arrivons enfin au seuil des Rochilles et dominons le lac du Grand Ban ainsi que le lac Rond. C’est à peine plus lumineux, alors que c’est si beau normalement. On va jusqu’au col des Rochilles en empruntant le GR 57, apercevons les bâtiments des «chasseurs à lapins» en contrebas et remontons une centaine de mètres jusqu’au col des Cerces.

«Sophie, rando Cerces c’est promis, c’est la dernière montée». Pour une fois on ne ment pas et il ne nous reste plus qu’à nous laisser aller jusqu’au lac de Cerces. On l’aperçoit et il est même au soleil, un peu timide, Sophie, nous te l’accordons, mais c’est indéniable. Un petit névé à descendre et hop, nous y sommes. Il est un peu plus de 15h. Nous avons parcouru environ 16km, monté 1020m et descendu 410m. Il y a déjà 2 tentes et 2 ânes broutent paisiblement à côté. Mais ce n’est pas la place qui manque au lac des Cerces et nous trouvons un coin bien plat, montons les tentes et commençons à faire chauffer l’eau pour le thé. Nous avons bien fait de ne pas traîner, car, très vite, le temps se recouvre et la tempête de neige se déclare. Chacun rentre sous son toit. Régulièrement, nous secouons la tente afin d’éviter que la neige ne s’accumule dessus. Nous avons bien du mal à faire chauffer l’eau pour le repas, car il neige toujours. Ivan et moi, nous nous relayons et apportons à manger à Sophie et Patrick qui eux, ne bougent plus!!! Serons-nous ensevelis sous 1m de neige demain matin? La suite de l’histoire vous le dira.


Noël, le 15 Juillet !!!

Lac des Cerces, A/R au seuil des Rochilles

bivouac Cerces

Ivan et Patrick sont dehors avant 6h30 pour scruter le temps et immortaliser les belles couleurs du matin. Le vent a eu raison de la neige et a balayé tous les nuages pour laisser place à un grand ciel bleu. Youpi, ce n’est pas trop tôt! Sophie et moi faisons surface vers 7h15. Il y a tout de même quelques centimètres de neige au sol et le paysage est irréaliste en plein mois de juillet. lac des CercesQue de photos en perspective. Les doudounes, le bonnet et les gants ne seront pas superflus pour prendre le p’tit déj, car il fait beau, mais le vent continue à souffler et le fond de l’air est glacial. La montre de Patrick nous annonce -2°. bivouac CercesEh oui, il faut vraiment être «givré»!!! Alors que nous pourrions être au bord de la mer, les doigts de pieds en éventail!!!

Avec ce temps magnifique et cette parure hivernale, nous décidons de remonter au Seuil des Rochilles pour admirer les paysages que nous avons manqués la veille. Au col des Cerces une bonne dizaine de cm de neige recouvre le sentier. Nous croisons les premiers randonneurs partis du refuge des Drayères. Nous continuons un peu jusqu’à dominer le lac des Grands Ban et le lac Rond qui scintillent de mille feux ce matin. C’est troooop beau. Nous photographions les pensées, trolles et gentianes qui se mirent dans la neige. Un clic à droite, un à gauche puis un autre,… difficile de s’arrêter. Pourtant il est grand temps de faire demi-tour, car la journée de marche va être longue. À notre retour le lac est bien ensoleillé et les tentes ont eu le temps de sécher. Nous démontons, faisons les sacs. Il est quand même 10h30, et nous partons en même temps que la famille avec les ânes qui fait le circuit en sens inverse.

Auteurs : Patrick et Corine Willemain