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Voyage en Birmanie
Rangoun, un autre monde...

Rangoun

Ecole monastique Kalaywa Tawya, Pagode Botataung, Bouddah couché de Kyauk Htat Gyi

Rangoun (Yangon en birman) est la plus grande ville de Birmanie avec ses 5 millions d’habitants mais n’est plus la capitale depuis 2006, cette dernière étant Naypyidaw. La Birmanie est le plus vaste pays d’Asie du Sud Est avec une superficie de 678 500km2 pour une population d’environ 54 millions d’habitants. La Birmanie est indépendante du Royaume Uni depuis le 4 janvier 1948. 6 mois auparavant, le père de l’indépendance, Aung San fut assassiné. La junte militaire, suite à un coup d’état, prend le pouvoir en 1962 et impose une dictature jusqu’en 1992. Le 8 août 1988, une manifestation d’étudiants en faveur de la démocratie se termine dans un bain de sang. Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San, fonde la Ligue Nationale pour la Démocratie en septembre 1988 et est assignée à résidence peu de temps après et ce, jusqu’en 1995.

En 1991, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix elle reçoit le prix Nobel de la paix. Le parti d'opposition mené par Aung San Suu Kyi (la Ligue nationale pour la démocratie ou NLD) a remporté les élections législatives en mai 1990 avec plus de 80% de voix en sa faveur, à la surprise de la junte militaire, qui espérait légitimer ainsi son pouvoir. Celle-ci a alors invalidé les élections. Le NLD et Aung San Suu Kyi luttent pour le retour de la démocratie dans le pays. Celle que l’on nomme désormais «the Lady» alterne de nombreuses années entre résidence surveillée et maison d’arrêt. Ce n’est qu’en 2010 qu’Aung San Suu Kyi est définitivement libre. De nouvelles élections législatives partielles ont eu lieu, depuis notre voyage, le 1er avril et le NLD a remporté 43 des 44 sièges. Mais ne nous leurrons pas, ce ne sont que les premiers pas d'une démocratie balbutiante... la junte est toujours omni-présente.

La Birmanie dénommée Myanmar depuis 1989 est partagée en sept régions et sept États. Les sept régions forment ce que les Birmans appellent la «Birmanie proprement dite» c'est-à-dire le pays des Birmans, soit 70% de la population. Ce sont les régions d'Ayeyarwady, de Bago, de Magway, de Mandalay, de Sagaing, de Tanintharyi et de Yangon. Les sept États correspondent chacun à un des autres grands groupes ethniques qui peuplent la Birmanie et sont : Chin (3%), Kachin(3%) , Karen(7%), Kayah (4%), Môn (1%), Rakhine (État d'Arakan, 1%) et Shan (9%). Au total, ce sont 135 sous-groupes ethniques qui possèdent chacun leurs particularités, leur histoire et souvent leur dialecte. Environ 85% de la population de la Birmanie pratique le bouddhisme dit «du petit véhicule», Bouddha n’est pas un Dieu mais un simple mortel qui a atteint le nirvana après 547 incarnations. Cette philosophie prêche une ascèse personnelle faite de bonnes actions qui mène l’individu sur le chemin de l’Eveil. 550000 moines et nonnes peuplent le Myanmar. Ces derniers sont très respectés et même nourris par les laïcs qui de ce fait réalisent de bonnes actions. Entre les périodes de méditation, ils arpentent les rues en quête de nourriture.

A l’arrivée à Rangoun, nous sommes accueillis par notre guide May. En attendant que nos chambres soient prêtes, nous commençons par la visite de l’école monastique Kalaywa Tawya de Rangoun, qui regroupe environ 1500 «élèves» de différents groupes ethniques. Nous assistons à la distribution des repas par les donateurs; ce sont d’abord les garçons, novices pour la plupart qui, en une file ininterrompue, passent devant les donateurs avec leur bol à aumônes puis vont manger en silence, assis dans la position du lotus. Ensuite, ce sont les jeunes filles qui font de même. C'est une immersion immédiate dans la culture birmane.

Bouddha dans la pagode Botataung

Tout de suite, nous comprenons l’importance de la religion en Birmanie. Après l’installation rapide à l’hôtel, nous allons nous restaurer en ville avant de poursuivre par la visite de la pagode Botataung à Rangoun. Avant d’entrer, par respect pour Bouddha, nous nous déchaussons et ce sera le cas dans toutes les pagodes et temples où nous déambulons pieds nus, les chaussures étant synonyme d’impuretés.

La pagode Botataung est vieille de plus de 2000 ans, détruite au moment de la 2nde guerre mondiale et reconstruite juste après. Elle forme un stupa de 40m recouvert de feuilles d’or à l’intérieur duquel on pénètre. Les murs sont tapissés d’une mosaïque composée de pierres semi-précieuses. Nous découvrons nos premiers bouddhas étincelants. Nous poursuivons par une découverte du quartier chinois et de son marché. Ce dernier est bien animé en cette fin d’après midi. On peut y acheter, des fleurs, du poisson séché, de la viande, des fruits et légumes, des oiseaux chanteurs, des feuilles de béthel enduites de chaux,… A la tombée de la nuit, nous nous rendons au pavillon Kyauk Htat Gyi qui abrite un colossal bouddha couché de 70m de long mais malheureusement, une panne de courant nous empêche de le voir correctement. Nous terminons par un repas dans un restaurant chinois et nous rejoignons l’hôtel, bien fatigués par cette 1ère journée en Birmanie.


1ère journée à Mandalay

Cité d'Ava: Monastère Bagaya Kyaung, Monastère Maha Aung Mye Bon Zan, Pont d’U Bein

Après une bonne nuit nous nous retrouvons à 9h30. Nous prenons le bus jusqu’à l’aéroport national où nous décollons en direction de Mandalay, 2ième ville du pays avec près d’1 million d’habitants. Mandalay est situé à environ 700kms au nord de Rangoun. A l’arrivée, nous avons droit à un petit message en français de l’hôtesse de l'air: on soigne le tourisme! Nous prenons ensuite un bus pour une bonne heure de route, puis traversons la rivière Myitnge en bac, en direction de l’ancienne cité d’Ava fondée au 14e siècle. A l’endroit où nous devons prendre le bac, nous sommes accueillis par de nombreux enfants de tous les âges qui veulent nous vendre, bijoux, chapeaux, pipes… avec des arguments de vente appris par coeur! «c’est pas cher, c’est joli, c’est moi qui l’ai fait!». La négociation fait partie de l’achat, c’est un jeu. Le troc avec des échantillons de parfum, qu'ils réclament à grands cris, est monnaie courante. Mais là, les prix de départ sont tellement bas, 1 ou 2 dollars, que la négociation est rapide. Nous achetons nos premiers colliers et bracelets en pierre ou imitation, peu importe, le tout est de se faire plaisir. Acheteurs et vendeurs repartent contents. A l’arrivée sur l’île, de nouveaux vendeurs seront moins chanceux. Nous allons nous restaurer avant de commencer la visite.

De nombreux le monastère Bagaya Kyaung monastères fleurirent sur l’île du temps où Ava fut capitale; actuellement, deux d’entre eux, datant du 19e, se visitent. Nous montons dans des calèches pour nous y rendre. Bien secoués sur la piste, nous comprenons maintenant pourquoi May nous a demandé si nous avions mal au dos. En route, nous apercevons de nombreux monastères anciens mais malheureusement nous n’avons pas le temps de nous y arrêter. La première halte se fait au monastère Bagaya Kyaung construit en 1834 par le roi Bagyidaw. Il est de toute beauté, en teck massif , supporté par 267 pilotis géants, dont le plus grand mesure 18m de long et 2,7m de circonférence. Nous prenons de nombreuses photos à l’extérieur, puis nous nous déchaussons pour pénétrer à l’intérieur. De magnifiques panneaux et encadrements de porte sont sculptés. Une salle de classe est à l'usage des jeunes bonzes. Le plafond est également en bois et un bouddha trône sur son fauteuil. Encore quelques soubresauts de calèche, et nous voici devant la tour de guet (NamYin), dernier vestige du palais du roi Bagyidaw. Cette tour est penchée suite à un tremblement de terre. Une ou deux photos prises au vol puis nous faisons une deuxième halte au monastère Maha Aung Mye Bon Zan.

Le monastère Maha Aung Mye Bon Zan est en brique. Il fut érigé en 1818 par Nanmadaw Me Nu, la 1ère épouse de Bagyidaw. Il fut très endommagé par le tremblement de terre de 1838 et restauré par sa fille en 1873. Après avoir fait le tour, nous nous déchaussons à nouveau pour pénétrer à l’intérieur. Ce monastère, décoré de stucs, a une statue du bouddha sur un piédestal, décoré d’une mosaïque de verre. Martine (distraite par le bouddha?) trébuche et tombe sur le nez 3 ou 4 marches plus bas. Elle se relève, un peu sonnée et en sang. Après les 1ers soins prodigués avec les moyens du bord, nous poursuivons notre visite puis reprenons nos «carrosses» pour rejoindre l’entrée de l’île au niveau des bacs. Les vendeurs nous attendent à nouveau, toujours avec le même discours «tu m’achètes, c’est pas cher, c’est joli, c’est moi qui l’ai fait». Scène de la vie quotidienne, au bord de la rivière, deux jeunes filles font leur lessive. Nous montons tous dans le même bac et, 5mn plus tard, nous sommes sur l’autre rive avec un super comité d’accueil d’enfants qui chantent en français. Ils sont tous plus beaux les uns que les autres, très souriants. Ils arrivent à nous vendre à nouveau des bijoux, les malins!

le pont d’U Bein

Nous reprenons le bus pour aller admirer le coucher de soleil sur le célèbre pont d’U Bein, construit en fûts de teck provenant d’un ancien palais. Situé sur la rivière Tandamalek, le pont d’U Bein est le plus long pont en teck du monde (1,2km) et résiste depuis 2 siècles aux intempéries. A l’arrivée, beaucoup de monde dans le village: May nous explique que c’est la fête de la pagode d’où de nombreuses animations. Le ciel est un peu voilé mais c’est joli quand même. Nous arpentons le pont en direction de l’autre rive en prenant des photos, à droite et à gauche. Les dernières barques rentrent à la tombée de la nuit. Quand nous reprenons le bus, il fait presque nuit; nous nous arrêtons à la pharmacie, dans le village d’Amarapura, afin que Martine puisse se soigner. C’est vers 19h30 que nous arrivons à l’hôtel Ayarwaddi river view situé en bordure du fleuve Irrawaddy. Après avoir pris possession des chambres, nous repartons vers 20h30 dans un restaurant au bord de la rivière. Nous rentrons à pied à l’hôtel pour un repos bien mérité

Auteurs : Patrick et Corine Willemain