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Voyage en Birmanie
Lac Inle et grotte de Pindaya

Voyage dans l'état Shan

Heho, grotte de Pindaya, lac Inle

Comme prévu, nous nous retrouvons à 6h30 pour prendre un vol à destination d’Heho. Côté météo, c'est moyen: une dépression arrive du golfe de Bengale amenant la pluie sur toute la Birmanie. Le lac Inle est situé à environ 900m d’altitude et les températures sont plus clémentes: 9° le matin et 31 dans la journée; c’est donc une fraîcheur toute relative. La salle d’embarquement se remplit rapidement; les vols, les compagnies sont annoncés a tue-tête et à grand renfort de pancartes. Nous partons les derniers vers 8h15. A l'arrivée à Heho un bus nous attend. Sur le parking, des vendeurs de fraises. L’état Shan est le grenier de la Birmanie, tout y est cultivé: riz, blé, cacahuètes, haricots, pois chiches, gingembre, ail, oignon, tomates, fraises, oranges,… Le paysage est très différent, la terre est rouge, il y de nombreux pins. Nous traversons de nombreux villages où vivent des ethnies différentes, entre autre les Pa-o, les Danu, les Hinda; il y 33 ethnies dans le seul état Shan.

Nous avons Birmanie - grotte de Pindaya environ 2h de route jusqu’à Pindaya, situé à 1600m d’altitude au pied d’un lac. Nous allons visiter sa célèbre grotte naturelle renfermant 8097 bouddhas. La route est en très mauvais état mais de nombreux birmans y travaillent. Des tas de cailloux jonchent les bords des routes, ils sont cassés, triés, portés sur la tête par les femmes, puis alignés un à un pour aplanir les bas côtés... Quel travail de forçat... Devant les boutiques de chaque village, pendent des sacs plastiques contenant des beignets de haricots emballés dans du papier journal. Vers midi, nous arrivons à Pindaya et nous déjeunons dans un restaurant en bordure du lac. Le car nous dépose ensuite au pied du site de Pindaya gardé par une énorme araignée; une légende raconte qu’un valeureux prince a combattu une araignée géante maléfique qui séquestrait les 7 filles du roi dans la grotte. En l’honneur de ce prince et depuis des années les birmans y déposent des bouddhas en offrande et Pindaya est devenu un sanctuaire bouddhiste. Ces bouddhas, de toutes les tailles, sont placés dans des niches et sur des aspérités de la roche parmi les stalactites et les stalagmites. C’est tout simplement fabuleux. Ces statues sont, en bois doré à la feuille, en marbre, en bronze, en albâtre ou en laque. Les plus anciennes datent du 17e siècle, les plus récentes sont contemporaines puisque leur nombre s’accroît à chaque pèlerinage. Les statues les plus vénérées sont les 2 statues noires en laque. C’est un véritable labyrinthe mis en valeur par des éclairages adaptés.

Après la visite de la grotte de Pindaya, nous allons voir une fabrique d’ombrelles, savoir faire de la région. Le manche est fait en bambou et l’ombrelle en mûrier; le bois de mûrier est mouillé, pilé puis séché sur un cadre pour donner une fine feuille dans laquelle l'ombrelle est découpée. Nous repartons pour 3h de route. Le paysage est varié et nous pouvons assister à de nombreuses scènes de la vie quotidienne: attelages de zébus faisant le plein d’eau, troupeaux de vaches, et de nombreux paysans travaillant dans les champs à l'aide de buffles d’eau. Avant d’arriver à l’embarcadère, nous faisons un arrêt dans un monastère pour profiter des toilettes. Dans le monastère, les jeunes novices font leur prière ou apprennent des textes religieux avec plus ou moins de concentration.

Birmanie - monastère du lac Inle

Vers 18h, nous déchargeons le car et nous nous répartissons dans 6 pirogues pour rejoindre notre hôtel sur le lac Inle. Ce lac se situe sur le plateau Shan, région montagneuse de moyenne altitude. Il s'étire sur 20km, a une superficie de 158 km² et une profondeur qui ne dépasse pas 3 à 5m. Les différents villages lacustres sont habités par la tribu Intha, au nombre de 80 000. Cette tribu, portant des costumes traditionnels, mène une vie très active liée au commerce et à l'agriculture. Leur vie s'organise autour de villages aux maisons sur pilotis entourées de jardins flottants, crés par l'accumulation de coraux et d'humus. La pêche sur le lac Inle est très active et les barques très effilées à fond plat sont dirigées par les hommes Intha, ramant debout sur une jambe dans un mouvement très élégant. Patrick et moi sommes séparés car il y a 5 places assises par pirogue.

La nuit tombe très vite et les bateaux n’ont pas d’éclairage: les piroguiers se fient à leur instinct: chaque pirogue suit un itinéraire différent. Au loin, dans la montagne, il y a des feux de broussaille un peu partout. J'ai l’impression que notre piroguier suit des bouées mais en fait, ces dernières se révèleront être tout simplement des amas d’herbe. De temps à autre, il allume une lampe torche pour éviter les nombreuses barques de pêcheur qui sont encore sur le lac Inle. Vers 19h, nous apercevons un endroit très éclairé qui pourrait être l’hôtel. Oui, nous sommes même accueillis en musique par le personnel de l’hôtel. Nous déchargeons la pirogue, prenons un thé de bienvenue puis attendons. Une 2ème pirogue ne tarde pas à arriver puis la pirogue n°4 et puis, plus rien. Au bout d’une bonne demi-heure, on entend, venu du large, un appel à l'aide. En fait, l’hélice d'une de nos pirogues a accroché une bâche et s’est enlisée dans les algues flottantes. Après avoir retirée celle-ci, ils ne tardent pas à arriver. Enfin au loin, on voit 2 lampes qui éclairent régulièrement, ce sont bien nos deux dernières pirogues dont celle où se trouve Patrick.

Un des Birmanie - lac Inlepiroguiers s’est trompé d’itinéraire, quant à l’autre, il s'est trompé d'hôtel!!! Quelle histoire… J’apprends le lendemain qu’un autre groupe a couché dans un temple sur le bord du lac Inle car, de nuit, ils n’ont jamais trouvé l’hôtel. Estimons-nous donc heureux ! May nous explique qu’avec le vent, les algues flottantes se déplacent et que ce n’est pas évident de se repérer surtout de nuit. Nous nous installons dans les bungalows répartis en étoile autour de la réception et de la salle de restaurant. Ces derniers auraient besoin d’un rafraîchissement, l’hôtel datant d’une vingtaine d’années. Il y a des moustiquaires au dessus de chaque lit et des boules Quies, le pire est à craindre...


1ère journée sur le lac Inle

Village In Paw Khon, ateliers de tissage, village de Nampan, jardins flottants, monastère Ngaphe

Après une bonne nuit sous nos moustiquaires, écourtée par le bruit des barques à moteurs des pêcheurs dès 5h du matin et quelques gouttes de pluie, nous prenons les pirogues pour aller voir le marché flottant qui est en fait principalement sur terre. Il fait gris, c’est dommage pour les photos. A l’arrivée au village d’In Paw Khon, nous sommes accostés par des vendeuses sur leur pirogue qui nous proposent des bijoux. Une fois à terre, de nombreux touristes flânent parmi les vendeurs de statues de bouddha en tous genres, de bijoux,… Des paysans, des pêcheurs vendent des fruits et légumes, du poisson et de la viande à même le sol sur une simple bâche. Des femmes fument le fameux cigare birman appelé Cheroot.

femme au cheerot

D’une longueur de 9 à 16cm, et d’un diamètre d'environ 1,3cm, il est coupé aux deux extrémités au cours de la fabrication. Nous achetons un masque de bouddha puis un collier vendu par une future maman de l’ethnie Hinda, «pour mon bébé», me dit-elle en me montrant son ventre bien rond. Ce collier est censé chasser les esprits. Les vendeurs se sont organisés pour faire face au tourisme: chacun utilise une grille avec d’un côté les prix en dollars et de l’autre les prix en Kyats. Ils annoncent un prix en le désignant puis te demandent de montrer combien, toi, tu es prêt à mettre. En général, il faut diviser par 2 ou 3. Nous reprenons les pirogues pour aller vers un village réputé pour ses ateliers de tissage du coton, de la soie et du fil de lotus. Quel travail de patience! les tissages sont réalisés uniquement par les femmes. Je me laisse tenter par une tunique en soie.

Le prochain arrêt est dans un village de forgerons où nous voyons les ouvriers façonner le métal pour en faire, des pipes, des couteaux, des bouddhas et autres souvenirs. Enfin, nous allons au village de Nampan où l’on fabrique les cigares birmans ou Cheroot. De nombreuses jeunes filles, la plus jeune ayant 15 ans, sont assises en tailleur et roulent les feuilles, les découpent et les collent pour en faire les Cheroot. Puis, c’est l’heure du repas, le ciel se dégage, il fait chaud. L’après midi sera consacré à la traversée en pirogue le long des jardins flottants. De nombreux Intha, n’ayant pas les moyens d’acheter à l’Etat leur jardin flottant les fabriquent eux-mêmes avec des herbes et des roseaux séchés, tressés en longues bandes qui servent de cuves profondes et légères.

Les jardins Birmanie - lac Inle sont ancrés au fond du lac au moyen de perches en bambou puis couverts de boue puisée à l’aide d’écopes avant d’être ensemencés. Nous verrons d’ailleurs, tout au long de ces 2 jours, de nombreuses pirogues débordant de cette boue. Dans ces îles très fertiles, les femmes Intha font pousser de nombreux fruits et légumes ainsi que des fleurs qu’elles vendent ensuite sur les marchés. Nous terminons notre ballade par le monastère Ngaphe devenu le monastère des chats sauteurs. Ces derniers ont appris à sauter au travers d’un cerceau. Nous rentrons en longeant jardins et villages sous une belle lumière de fin d’après midi. A l’arrivée à l’hôtel, nous profitons du coucher de soleil avant d’aller manger et voir un spectacle de danse réalisé par le personnel de l’hôtel.

Auteurs : Patrick et Corine Willemain